VIOLENCE CONJUGALE/Le mal persiste à l’ombre du silence des victimes

31 octobre 20180
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Pour masquer son crime, le meurtrier de Michelle Azozet Mouabeni a simulé un suicide par pendaison.

Pour masquer son crime, le meurtrier de Michelle Azozet Mouabeni a simulé un suicide par pendaison.

De nombreuses femmes subissent des violences dans leur vie de couple, mais beaucoup ont du mal à les dénoncer. Il n’est plus surprenant que les tensions vécues au quotidien se traduisent un jour par des problèmes de santé, pouvant dans certains cas, entraîner la mort

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La violence conjugale est un fait de société. Le meurtre d’une conjointe ou d’un conjoint est toujours précédé d’épisodes de violence. Ce fléau est de plus en plus fréquent dans plusieurs foyers. Au sein des couples, les victimes n’ont pas souvent la volonté de se rapprocher des autorités avant que le pire n’arrive. Récemment, au quartier Transfo dans la ville de Port-Gentil, Michael Nguema Ndong, 38 ans, aurait tué sa compagne, Michelle Azozet Mouabeni, une gabonaise de 26 ans. D’après divers témoignages recueillis auprès de l’entourage du couple, Michael Nguema Ndong et Michelle Azozet Mouabeni passaient beaucoup de temps à se palabrer et à se battre.

L’audition d’un des enfants du couple accable le suspect. Tout en fondant en larmes, il a déclaré aux enquêteurs : « Maman attendait Papa avec une photo à la main, et lorsqu’il est arrivé à la vue de cette photo, il est rentré dans une colère noire. Papa a étouffé maman avant de l’étrangler, j’ai tout vu » affirmait-il.

En général, la femme tente désespérément de contrôler la situation en la minimisant, en la niant, voire en s’attribuant la cause de la violence de son partenaire, qui ne manque pas de lui reprocher son attitude soi-disant insupportable pour se justifier. Certains foyers ne sont pas seulement une source de bonheur. Pour cette mère, « ça fait 15 ans que je suis battue par mon homme ; je l’aime tellement, je n’ai pas envie d’exposer notre couple mais il me jalouse chaque jour que Dieu fait pour un rien, il me frappe devant mes enfants chaque jour il rentre ivre. Si je tarde à ouvrir la porte il me tape encore et encore, mais c’est lui le premier à être infidèle », confie-t-elle.

La violence conjugale a de graves conséquences sur la santé et le bien-être de la femme. Elle occasionne des blessures physiques, des troubles psychiques, associés à des comportements autodestructeurs. L’importance ici est de prendre en considération les réalités auxquelles sont confrontés les acteurs concernés par les violences, c’est un problème social grave et persistant.

Cédia NGOMA

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