"Rose Christiane doit aider les femmes.Tirer celles qui sont en bas"Pepecy Ogouliguendé

20 juillet 20200
Partager

Rose Christiane Ossouka Raponda nommée Premier ministre au Gabon depuis le 16 juillet 2020. Une première pour ce pays de l’Afrique centrale. C’est aussi là, la Décennie de la femme qui est célébrée. Pepecy Ogouliguendé,femme leader connue également sous d’autres cieux, le fait savoir dans une interview accordée à Gabonews.

Bonjour Madame Pepecy Ogouliguendé, vous faites partie des femmes leaders du Gabon. Votre pays vient d’écrire une nouvelle page de son histoire. Une femme Premier Ministre, Rose Christine Osoouka Raponda, qu’est-ce cela vous inspire ?

Si le Gabon est habitué aux présidentes des Institutions de la République– de Madame Rose Francine Rogombé, en passant par Marie Madeleine Mborantso et –, en revanche, concernant la fonction de Premier ministre, et notamment depuis que ce poste est investi du plein pouvoir politique, les femmes s’illustrent par leur absence. Madame Rose Chistiane Ossouka Raponda, élue maire de la ville de Libreville, nommée Ministre de la Défense nationale et aujourd’hui Premier ministre, apparaît comme une femme au parcours exceptionnel dans l’histoire politique gabonaise.

Une matérialisation de la volonté de Président de la République Chef de l’Etat Son Excellence Ali Bongo Ondimba d’intégrer la femme au développement de notre pays. Quelques données permettent de prendre la pleine mesure de son ascension politique. L’implication de plus en plus accrue des femmes dans la société civile durant cette dernière décennie. Cette nomination est une sacralisation du leadership féminin et nous en sommes fières.


Une femme à la tête de la Primature, n’est-ce pas la décennie de la femme qui est aussi célébrée ?

L’analyse, qui contient un volet quantitatif (fréquence des occurrences) et un volet qualitatif (étude de contenu), nous permettra de déterminer dans quelle mesure la présence d’une femme au pouvoir s’est avérée bénéfique pour la population féminine gabonaise. Si cette nomination semble en effet porter le sceau de la décennie de la femme gabonaise, Madame Rose Christiane Ossouka Raponda ne devra pas nier l’existence d’enjeux qui affecteraient plus particulièrement les femmes et ne pas s’opposer à toute forme de discrimination positive.

Pour s’aligner à la décennie de la femme, son discours, doit dépeindre une vision classique de la femme et souligner des qualités spécifiquement féminines, tout comme l’utilisation de sa propre féminité dans sa communication politique, témoigneront de la pertinence de ces questions. En plus, de créer des conditions favorables pour les femmes (rôle régalien du gouvernement), pour être le chantre de la décennie de la femme, Rose Christiane doit aider les femmes. Tirer celles qui sont en bas. Qu’elle contribue à l’indépendance des femmes et à la protection de leur vie privée.

vous avez été très active lors de la caravane de la Décennie de la femme en 2016. Vous avez, avec d’autres femmes, sillonnez les capitales provinciales, les chefs-lieux des départements et des communes du pays. La nomination de Rose Christiane Ossouka Raponda ne vient-elle pas redonner espoir à ces hommes et femmes qui doutaient déjà ?

Nous n’avons jamais douté que la décennie prendrait corps, au contraire, nous avons entamé le lourd chantier de la décennie de la femme gabonaise conscientes des changements de comportement qui prendraient du temps.

Que peuvent attendre les femmes de cette économiste à la tête de la Primature ? Pensez-vous qu’elle peut faire bouger les lignes ?

Sa nomination tombe avant les conférences budgétaires. Nous espérons de tous nos vœux la budgétisation sensible au genre, notamment dans les domaines de la santé, des transports, de l’hébergement. Le dossier brulant des violences faites aux femmes, la loi sur les quotas... Qu’elle équilibre les comptes de l’Etat comme le ferait une femme qui gère le budget familial. La dette est trop importante. Nous devons reconsidérer notre train de vie en finançant les priorités et ne pas vivre au-dessus de nos moyens. Nous attendons du Premier ministre qu’elle mette un accent particulier sur l’emploi et la famille. Le travail des femmes à temps partiel et la rémunération des femmes au foyer sont des dossiers sur lesquels elle doit se pencher pour relever du chaos l’institution de la famille.

Vous avez sans doute un message, un commentaire à faire en guise de conclusion.

Cette nomination est une volonté affichée de changement. Pour relever ce défi, le Premier Ministre doit prendre des initiatives personnelles, celles de la garde des enfants, de la scolarisation de la jeune fille, et les moyens doivent être disponibles comme l’ont été pour les gouvernements conduits par des hommes. Que cette nomination ne s’assimile pas seulement à un rôle de modèle et d’émulation, mais qu’elle soit surtout porteuse d’un renouveau pour la femme gabonaise et le peuple gabonais.

Propos recueillis par Martial TSONGA

Commander mon espace pub

     

Commander mon article

   

Dans la même rubrique

0 Commentaire(s)

Poster un commentaire