Ngounié/"Sauvons PPO" , le combat contre Olam

2 novembre 20200
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Les ressortissants du village"Pepeyo" se mettent sur le chemin de l’agro-industrielle Olam Palm Gabon afin de récupérer ce qui leur reste comme terre. Le permis de plantations de cette société enclave ledit village du département de la Douya Onoye

(Gabonews) : Face à la crise sanitaire du moment due au Covid-19, la journée internationale de lutte contre les monocultures d’arbres notamment le palmier à huile, a eu lieu le 30 octobre à Mouila. D’ordinaire, elle se déroule le 21 septembre.

Les communautés impactées par les activités des Agro industries se mobilisent, sensibilisent les populations. C’est une occasion pour informer les pouvoirs publics et l’opinion internationale de la situation du rachat des terres ancestrales. Pour cette édition, l’ONG Muyissi Environnement a soutenu la communauté du village PPO dans le département de la Douya Onoye dont Mouila est le chef-lieu.

En s’installant en 2012 dans la Ngounié, la société Olam palm Gabon avait aménagé 35000ha en détruisant un peu plus de 10000ha de forêts pour sa 1ere plantation de palmiers. Plusieurs communautés se sont retrouvées sans grands espaces cultivables." Olam a profané les tombes de nos grands parents, nos rivières bouchées" dénonce Rodrigue Mihindou de l’association Dibundu Di Pepeyo. Le village Pepeyo est enclavé aujourd’hui, les populations réclament les droits d’usage coutumier.

La réalité qui se dégage sur le terrain : la destruction des lacs, exploitation au détriment des communautés parfois en violation des lois du pays. " Je peux dire qu’on n’a plus droit à la terre, à la souveraineté alimentaire, culturelle, les ressources naturelles sont aussi menacées " décrit le président Pierre Mayombo.

Lors de cette journée internationale de lutte contre les monocultures d’arbres, les participants venus de plusieurs localités de la Ngounié, ont dépeint la situation complexe et précaire des agriculteurs ruraux. "Olam nous a pris une vie en rose, mais il n’y a rien depuis là" rappelle Brigitte Bagoyi du village Ferra. Une façon de dire qu’Olam ne respecte pas ses engagements sociaux vis-à-vis des communautés impactées.

"La journée internationale de lutte contre les monocultures d’arbres a nécessité des échanges d’expériences avec le communauté concernée ainsi que celles riveraines impactées par les plantations de palmiers à huile industrielles d’Olam dans les autres lots" a souligné le président de Muyissi Environnement, Ladislas Ndembet. La démarche participative a permis aux ressortissants de Pepeyo de s’engager vers un sauvetage du village.

Nina Dickambi de Muyissi Environnement a recueilli les souhaits des femmes pendant la rencontre en atelier. Les activités génératrices de revenus sont une alternative pour l’autonomisation de la femme rurale, la création de forêts communautaires se présenterait comme une issue pour récupérer des terres.

Les populations recommandent à Olam la reconnaissance de leur existence, elles exigent la libre circulation dans leur espace de vie. "Ouvrir des négociations avec olam pour le désengagement du village PPO sans oublier le cahier de charges contractuelles" rapporte Maryan Mabika. L’atelier a commencé par une représentation théâtrale intitulée " un improbable retour" , la scène dénonce l’accaparement des terres par des nouveaux venus d’ailleurs. Une forte illustration de la situation que vivent les communautés autour des palmiers à huile d’Olam.

DKT

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