Makouke/Retraite : à Makouké, le pari fou d’un entrepreneur devenu retraité grâce à sa propre société

21 septembre 20260
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C’est une histoire qui sort de l’ordinaire à Makouké. Alain Zozel Mouloungui, que tout le monde appelle Araz, vient de quitter la vie active pour une retraite bien méritée. Jusque-là rien d’anormal, sauf que cet homme n’a jamais été employé par qui que ce soit.

Fondateur et gérant de Nde-Magangue-et Fils, une structure qui opère dans la recherche médicale et le transport, il a fait le choix de l’indépendance très tôt. « Je voulais être autonome, ne plus dépendre des humeurs d’un patron », raconte-t-il.
Nous sommes en 2001.

Il lance son affaire au mois de mars, mais avec une rigueur impressionnante, il régularise même les mois de janvier et février de la même année pour ne perdre aucun trimestre. Son leitmotiv pendant plus de deux décennies : « Rester fidèle à ma propre structure jusqu’à la retraite ».

À noter que M. Mouloungui est également Auxiliaire de Commandement à Makouké. Comme on le sait, cette appellation englobe les chefs de village, chefs de canton, chefs de regroupement, etc. En ce qui le concerne, il est Chef de Regroupement. Mais il tient à clarifier : ce ne sont pas ses indemnités d’Auxiliaire qui ont financé sa cotisation. Tout est parti des bénéfices de Nde-Magangue-et Fils.

Le 22 août 2026 restera gravé dans sa mémoire. C’est le jour où son gestionnaire l’a joint au téléphone pour lui annoncer la bonne nouvelle. Un moment de fierté. S’il n’a pas encore perçu son premier virement, la fête du départ a déjà eu lieu. Désormais, il envisage l’avenir sereinement avec les siens, y compris ses petits-enfants.

Que dit-il aux jeunes qui veulent se lancer ? « Il faut tenir bon et surtout apprendre à manager les équipes. Une entreprise ne réussit que par la qualité de sa collaboration. Il faut que l’entrepreneuriat soit au cœur de nos départements, de nos districts et de nos communes  ».

Et pour ceux qui critiquent la CNSS, il est catégorique : « Dire que la CNSS est une escroquerie est faux. Le vrai problème, ce sont des patrons qui retiennent les cotisations sur les salaires sans jamais les reverser. La CNSS est là pour sécuriser à la fois le patron et le travailleur. Elle sensibilise même les artisans et les indépendants à cotiser ».

Son dernier mot est un appel à la responsabilité : « Que chaque Gabonais prenne l’initiative d’aller lui-même s’immatriculer à la CNSS, au lieu de s’en remettre aveuglément à un employeur qui, parfois, ne reverse rien ».

NTP

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