HAUT-OGOOUE : Mounana, cette ville abandonnée devenue fantome

6 avril 20210
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Plus de quinze ans après la fermeture de ses mines, Mounana, cette célèbre petite ville du Gabon située dans la province du Haut-Ogooué, fief politique du Président de la république, comptant plus de 11000 habitants en 2010, serait devenue une ville fantome, en ruine et oubliée. Pourtant, autour des années de l’indépendance, cette localité était un joyau aux yeux de la France et le reste du Gabon à cause de la richesse en uranium de son sous-sol. Aujourd’hui, deserte presque ou totale, la ville se meurt.

Ville morte, espaces publics et airs de jeux complètement déserts. Pas un seul appareil roulant sur la chaussée. C’est l’état actuel de la ville de Mounana, ce boom minier et valeureux des temps d’hier, délaissée, oubliée et abandonnée après l’envol des différentes entreprises françaises d’exploitation et la fermeture de ses mines. De nombreux voyageurs n’envisagent guèrre y faire escale dans cette petite ville, meme pas pour une nuit, car "trop térrifiante et ennuyeuse". Touristes et visiteurs la baptisent "ville fantome", parceque aride, dépeuplée, abandonnée et infréquentée.

Lors des années 1950, la France décidait d’embrasser la ville de Mounana pour son sous-sol riche en uranium, où elle n’avait pas tardée a en exploiter. Ce pays d’Europe a construit, dans cette petite ville du Haut-Ogooué, plusieurs infrastructures modernes. Une cité riche et moderne a stratégiquement vu le jour à proximité des entreprises minières implantées dans la localité. Pendant cinquante ans environ, Français et Gabonais y travaillaient de concert sur ces industries nucléaires "incertaines", dans l’espoir d’oeuvrer pour l’avenir. Malheureusement, le prix du minerai a poussé les Français à cesser l’exploitation, ce qui a chamboulé la vie de la plupart des habitants de Mounana, les rendant désoeuvrés. La ville s’est transformée tel un village mistérieux avec des infrastructures modernes.

Une ville abandonnée et dépeuplée, pourtant si riche, se retrouvre de nos jours ruinée. Hormis le fait qu’il ait moins d’affluence, Mounana, la "ville fantome" voisine de Moanda, regorge plusieurs maux qui sont à déplorer. Il n’y aurait aucun taxi urbain dans toute la ville, à l’exclusion de "six véhicules" qui font usage de clandos. Selon un correspondant, la ville ne disposerait ni d’une boulangerie, ni d’établissements financiers et ni d’activité sociétale. C’est le déclin progressif d’une "ville rurale" à forte valeur historique.

Cependant, la province du Haut-Ogooué est le fief politique du Président de la république dont une ville historique se meurt. Zacharie Myboto, Hervé Opiangah, Magloire Ngambia, Joscky Ondo-Louemba et bien d’autres sont ces nombreuses personnalités politiques influentes du pays qui y ont parcouru cette ville de Mounana, dont certaines sont des ressortissants. "C’est vraiment triste. Je suis passé par là il n’y a pas longtemps ; mon moyen roulant a fait escale au marché qui est en face du lycée pour y prendre du carburant. J’étais vraiment surpris de voir que cette ville n’a pas de station-service. C’est un compatriote qui vend du fiol dans des bidons, dont on ignore la provenance", commente Patrick Akoubou.

Mounana, cette célèbre et riche petite ville du Gabon, qui a permis à la France d’extraire plus de 26000 tonnes d’uranium pour l’alimentation des centrales nucléaires, ne mérite pas le traitement qui lui ait affligé aujourd’hui. Des cris d’une population, accusant l’Etat de les avoir oublié ainsi que leur ville, retentissent en silence. Un mal commun aux "villes rurales" du pays, chacune se posant comme exemple d’un Gabon fracturé, où le sentiment d’etre abandonné par l’Etat est grand, accentué par une accessibilité aux services publics de plus en plus difficile.

INOE

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