GABON/LBV : La commune d’Akanda et ses inondations
La nature serait-elle contre les populations de la commune d’Akanda ? C’est la question que se posent plusieurs habitants de cette partie du Nord de la capitale gabonaise. Les pluies qui tombent inquiètent chaque jour ceux qui y résident. La pluie du mercredi 23 octobre 2019 a encore fait parler d’elle.
A chaque fois que le ciel s’assombrit à Libreville, le stresse devient le sentiment le mieux partagé par les populations de la commune d’Akanda. La pluie tombée dans la matinée du 23 octobre a encore causé des dégâts. Certains élèves et occupants de plusieurs maisons ont été pris au piège par la montée des eaux. A la question de savoir comment vivent-ils cette situation, indigné, un des habitants répond : « Que voulez-vous que l’on vous dise ? Nous vivons cette situation depuis et les autorités de ce pays savent. C’est juste de la mauvaise foi pour les uns et de l’incompétence pour les autres. Au lieu de servir, on se sert. Ces hommes viennent et promettent revenir trouver des solutions, mais hélas…ils se foutent éperdument du peuple, voilà ! »
Triste réalité que vivent ces populations prises au piège par les eaux de pluie et prisonnières dans leurs propres maisons. On peut lire l’impuissance sur certains visages. Les angoisses sont presque devenues leur quotidien quand le ciel s’assombrit. Elles disent être plongées dans l’incertitude des sombres lendemains et parfois noyées dans les profondeurs de leurs larmes. « Nous ne savons quoi dire. Les enfants ne peuvent pas aller à l’école. Les affaires sont mouillées. Le gouvernement nous a tourné le dos. Ces hommes politiques nous prennent pour du jus de citron. Une fois fini de l’avoir pressé, on le met à la poubelle sans qu’on ne se rebelle. C’est ainsi qu’ils nous traitent » s’indigne une mère de famille.
Il faut noter que certains riverains se plaignent des constructions anarchiques des autres. Les premiers estiment que les seconds abusent du fait de leur position financière. Les canaux d’évacuation des eaux sont bouchés du fait de la faute de ceux qui ont des moyens. « Ils construisent sur les passages des eaux avec des remblais. Lorsque les eaux descendent, elles ne trouvent plus de passages, et elles reviennent toutes en colère et bonjour les dégâts. Alors, que peut-on faire face à ces gens qui ont de l’argent et qui disent avoir des contacts d’en haut ? C’est ainsi dans ce pays » affirme un jeune homme au visage plein de pitié.
Plusieurs personnes rencontrées, élèves, travailleurs et commerçants disent vivre des situations de stress chaque fois que la nature pleure. Apprenants et professionnels sont inscrits aux abonnés absents de leurs lieux de leurs lieux de formation et de travail. Ils disent être à la maison, pour veiller aux affaires de la maison et surtout pour faire le nettoyage de ce qui reste après la pluie. C’est le cas de Fabrice, élève au Lycée d’Etat qui ne peut se rendre aux cours ce matin. « On ne peut pas aller à l’école dans des conditions pareilles. Déjà, nous avons du mal à sortir de nos maisons. En plus de cela, nous allons, une fois les eaux baissées, nous avons le devoir d’aider nos parents à nettoyer. C’est comme ça toutes les fois ».
Avec le ciel qui ne tarde pas souvent à s’assombrir et les pluies abandonnes, le stress, les angoisses demeurent les sentiments les plus partagés par certains Akandais. Ces habitants du Nord de Libreville qui parfois, ne savent plus à quels gouvernants se tourner.
MTM






