CICIBA/Plusieurs dizaines d’enfants sans acte de naissance

31 juillet 20180
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Vivant dans une forte précarité, les habitants du cite abandonné du Centre International des Civilisations Bantou (CICIBA) ne parviennent pas à faire établir un acte de naissance à leurs enfants. Plusieurs jeunes de cette zone de haute pauvreté du premier arrondissement de Libreville ne sont pas scolarisés.

En cette fin d’après-midi, le doux soleil de la saison sèche permet aux bambins de la cité perdue du CICIBA de s’amuser à des jeux de leur choix. Très souvent, ce sont des divertissements de fortune, improvisés, proportionnels à leurs moyens, à leur condition mais surtout à leur intelligence, semble-t-il. Juste à l’entrée principale où, comme des gardiens géants, deux vielles défenses d’éléphants sont dressées, quelques gamins s’amusent avec des boîtes de conserve transformées en petites voitures, tirées à l’aide d’une ficelle. Un peu plus loin, à l’intérieur du site, sur une dalle défiée par de hautes herbes, d’autres enfants jouent au football : « comme on ne fait rien, on s’amuse. On ramasse les choses dans les poubelles et puis on fabrique nous-mêmes ce qu’on veut pour jouer », confie l’un des garçons. Il avoue aussi que le vieux ballon derrière lequel ils courent tous, provient des ordures.

Pas d’acte de naissance, pas d’avenir scolaire. Tout comme leur présent, l’avenir des jeunes du CICIBA semble déjà très peu certain. Au-cours de l’échange avec les membres de l’Association des habitants de ce quartier improvisé, l’un d’eux dénonce ce qui semble tabou dans leur milieu : « plusieurs enfants n’ont pas d’acte de naissance », affirme l’individu avec une colère visible sur son visage. Le président de l’association n’a pas voulu aborder le sujet. Faute de ce papier d’état-civil, ils ne peuvent être inscrits dans aucune école. Ainsi, la majorité des enfants du CICIBA dont l’âge varie entre 0 et 15 ans n’ont jamais été déclarés. Selon le président de l’association, le cite compte aujourd’hui plus de deux cent familles d’au moins 5 individus. Hormis les petits, plusieurs adultes sont dans la même situation. Durant l’année scolaire, les gosses restent donc à la maison.

En janvier 2015, l’Etat gabonais avait décidé de régulariser la situation de plusieurs enfants dont la naissance n’avait jamais été déclarée devant les autorités compétentes. Jusqu’à présent, les résultats de cette opération ne sont pas connus. Dans cette zone précaire, selon le président de l’association, sur 200 individus, seul un habitant du CICIBA avait pu obtenir son acte de naissance.

A Libreville et dans le reste du pays, plusieurs personnes, enfants et adultes, n’ont pas d’acte de naissance. Certains accusent les lourdeurs administratives, la mairie prend trois mois pour établir ce document, mais il faut aussi noter la négligence et le manque d’information dans les villages. Les enfants sans acte de naissance sont confrontés au problème d’inscription dans les établissements scolaires. Sans ce document, ils ne peuvent pas être admis à l’école.

GMN

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