REVISION LISTES ELECTORALES : Le retour des « bœufs votant »

20 juin 20180
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Les listes électorales seront consultées jusqu’au 29 juin. Gabonews © juin 2018

Les listes électorales seront consultées jusqu’au 29 juin. Gabonews © juin 2018

Malgré le calme apparent depuis le début de la révision des listes électorales, le phénomène du « bétail électoral » semble encore se profiler à l’horizon.

Depuis le 15 juin, les populations se rendent vers les mairies situées dans leur arrondissement pour permettre l’actualisation des listes électorales. A la municipalité du premier arrondissement de Libreville, le calme semble régner : « L’opération se déroule dans de bonnes conditions. Les gens qui changent de lieu de résidence sont alignés à un endroit et ceux qui viennent s’inscrire pour la première fois, reçoivent des numéros dans l’ordre. Il y a beaucoup d’engouement tous les jours », a expliqué le responsable du bureau.

Au premier arrondissement de Libreville, plusieurs citoyens s’inscrivent pour la première fois sur le fichier électoral. Gabonews ©juin 2018

Cependant, le défilé de groupes de personnes (surtout des jeunes), venues s’inscrire ou réviser les listes, éveille la curiosité de certains riverains : « ils viennent en groupes tous les jours. Ils sont conduits par quelqu’un qui tient une liste en mains. Pour venir s’inscrire on n’a pas besoin de venir avec tout le quartier, c’est un acte individuel », confie un citoyen tout en cherchant son nom sur les listes affichées.

Ces déplacements en masse dévoilent que le phénomène du « bétail électoral » ou « des bœufs votant » est à nouveau déclenché. Il s’agit des électeurs transportés d’une localité à une autre, afin de voter pour un candidat spécifique, en échange d’une somme d’argent. La paye varie entre 2000 et 25000 Fcfa, en fonction de la distance du voyage. En conséquence, la démographie sur les lieux de vote double ou triple. Des villages de 50 personnes se retrouvent soudainement et le plus souvent avec un suffrage de 150 ou 200 votants.

Il est aussi arrivé dans le pays, lors des échéances électorales passées, que des jeunes perdent leur vie dans un accident survenu lors de ces transports d’électeurs. Le jour du vote ou à la veille, de nombreux bus ou autres véhicules, partent de Libreville pour joindre des localités d’autres provinces. Parfois, les voyages se font dans des conditions très risquées. Au passage des postes de contrôles, les forces de l’ordre affichent leur impuissance dès que le chauffeur cite le nom du candidat responsable de ce déplacement. Il s’agit très souvent de hautes personnalités influentes dans la sphère décisionnelle.

Le changement de mentalités semble encore loin d’être d’actualité au Gabon. On prend les mêmes habitudes et on recommence. Difficile de tirer les enseignements du passé. Les coutumes vicieuses semblent avoir une oreille dure. Plus on les évoque, plus elles perdurent. C’est le cas de ceux qui se font passer pour du bétail électoral.

GMN

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