NOUVEAU GOUVERNEMENT/Possible nouvelle marche vers l’inefficacité…
Reconduit Chef du Gouvernement pour la troisième fois, Emmanuel Issozé Ngondet prête serment devant le Président de la République.
Le nouveau Gouvernement d’Emmanuel Issozé Ngondet se focalisera certainement sur l’organisation des législatives. Mais face aux attentes des Gabonais, l’efficacité gouvernementale tant attendue risque encore d’être très molle.
31 décembre 2017, 20h ; le discours à la Nation du Chef de l’Etat gabonais est très attendu. Les souvenirs des violences postélectorales sont encore frais dans les mémoires et l’opposition tire encore à boulets rouge sur le régime au pouvoir. Un an après la présidentielle du 27 août 2016, la paix sociale semble encore très fragile. Il était donc urgent pour celui que la Cour constitutionnelle avait déclaré vainqueur, d’apaiser les esprits pour vite faire oublier la « crise sociopolitique » dont les gouvernants niaient l’existence devant les caméras. Durant une allocution de 23 minutes, plusieurs mesures visant à renforcer la cohésion sociale sont annoncées. Et surtout, Ali Bongo Ondimba fait le choix de l’efficacité devant se traduire à travers des actions rapides. Il était conscient que pour parvenir à un fonctionnement efficace de l’Etat, il fallait d’abord nommer au mérite : « Chacun doit être promu suivant ses compétences. Indépendamment de tout autre critère. J’entends bâtir une société de la méritocratie. C’est une question de justice sociale mais également d’efficacité », insista-t-il. Il précisa aussi que les législatives étaient une priorité.
La dissolution d’un gouvernement apparait comme une occasion en or pour éradiquer les incompétences. Marie Madeleine Mborantsouo, du haut de sa Cour, avait donné le ton. Pour elle, Le Gouvernement d’Emmanuel Issozé Ngondet, après deux reports de l’organisation des législatives et la non constitution du bureau du Centre gabonais des élections, avait suffisamment fait preuve d’incompétence. Elle a choisi de pousser le Gouvernement vers la sortie. Hormis ces actes d’inefficacité, l’incapacité de cette équipe gouvernementale se lisait aussi dans son fonctionnement quotidien, à travers des actes d’impuissance face aux différentes tâches : l’administration publique est toujours aussi amorphe qu’il y a dix ans, les grèves des fonctionnaires persistent, l’insécurité est devenue une norme, la cherté de la vie continue d’amaigrir les repas, plusieurs habitants de Libreville et des autres villes boivent de l’eau impropre tirée des puits domestiques, la jeunesse consomment davantage les drogues et l’alcool etc. L’impuissance du Gouvernement est manifeste.
« J’entends faire de 2018, une année marquée par le sceau de l’efficacité », dixit Ali Bongo Ondimba.
Durant le premier trimestre de l’année en cours, les collaborateurs choisis pour cette efficacité ont visiblement failli à la tâche. Mais tout de même, il faut leur reconnaître avoir pu mettre en place l’accouchement gratuit dans les hôpitaux publics, même si les conditions d’hygiène sanitaire y sont absentes. Les bébés gabonais naissent dans des structures sales. En invitant le premier ministre à déposer sa démission, la Cour constitutionnelle a implicitement invité le Président de la République à opérer de nouveaux choix. Il avait donc la latitude de dénicher ses nouvelles « perles rares », celles capables de lui permettre de mettre en œuvre sa politique de développement du pays, le célèbre Plan stratégique Gabon émergent (PSGE). Or, il semble qu’il y a eu une incompréhension avec la Cour constitutionnelle que Jean Ping et ses amis considèrent comme la grande complice du régime Bongo.
Des personnes qui ont été au pouvoir et qui ont prouvé leur incompétence dans le Gouvernement sortant, reviennent et sont maintenues aux affaires. L’efficacité tant recherchée pourrait se faire plus lointaine que jamais. Certes, par sursaut d’orgueil, la date des élections législatives sera très vite livrée, mais les autres promesses de ce grand discours à la Nation, le soir de la saint Sylvestre 2017, ainsi que l’amélioration de la vie quotidienne des Gabonais pourraient encore attendre longtemps.
Georges-Maixent Ntoutoume






