Le PDG use de violence verbale pour répondre à Jean Ping et à Laurent Gbagbo
Estelle Flore Angangou, porte-parole du PDG
Le Parti démocratique gabonais semble prêt à livrer une bataille de mots contre ceux qui partagent des aspirations différentes des siennes. Les propos virulents tenus par le camp d’Ali Bongo dans son communiqué du 19 décembre contre Jean Ping et Laurent Gbagbo ne semblent pas loin de l’injure.
Considérant que Jean Ping et les membres de la Coalition pour la nouvelle république ont franchi une ligne rouge lors de leur rassemblement du week-end dernier, le Parti démocratique gabonais a étalé beaucoup d’animosité à l’égard de celui que de nombreux Gabonais appellent « Jean Ping le président élu ». Les proches d’Ali Bongo estiment que la posture de la confrontation que vient de revêtir l’ancien président de la Commission de l’Union africaine a baissé le débat politique, « … à travers un discours tranché, offensif pour galvaniser désespérément leurs troupes qui ne croient plus en eux. Malgré son discours appelant au rassemblement le 3 novembre dernier, Jean Ping en 24 jours seulement, a radicalisé ce discours sur une tonalité méprisable, et irrespectueuse de nos institutions, il livre le peuple à la rue », dit le communiqué du PDG. D’une ligne à l’autre, la lecture faite par la porte-parole du Parti au pouvoir depuis 1968, se fait encore plus agressive : « depuis maintenant deux ans en effet, désespéré et inconsolable, isolé et délaissé par bon nombre de compatriotes ne partageant plus ses sous valeurs de violence et de haine, Jean Ping et ses compagnons viennent de faire une nouvelle trouvaille politicienne baptisée la confrontation… ».
En répondant aux propos de Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien actuellement détenu à la Cour pénale internationale, le PDG n’a pas été moins virulent : « …qu’il en vienne à porter atteinte à l’honorabilité du président de la République gabonaise son Excellence Ali Bongo Ondimba, dénote de sa part, une indignité à se prévaloir de la qualité d’ancien président de la République... ». Contre la FranceAfrique, Laurent Gbagbo fustige tous ceux qui font perdurer ce système dans lequel il implique Ali Bongo Ondimba : "Il n’est rien, même dans son propre pays", avait-il déclaré. Ces propos ont généré la violence verbale du camp Bongo à Libreville : « ... Déconnecté depuis plusieurs années de la réalité de l’Afrique en général et du Gabon en particulier, il croit que ses expressions imaginaires, fantaisistes et illusoires, constituent une réalité pour les Gabonais ».
La réponse des PDGistes a suscité à son tour de vives réactions sur la toile. Depuis mercredi soir, plusieurs internautes fustigent cette sortie du Parti au pouvoir : « Vous n’avez pas de la peine pour ces familles qui continuent de pleurer leurs morts ? Je ne suis pas pro ping, mais je trouve que vous vous moquez vraiment des Gabonais et cela est bien dommage », commente un internaute sur la page Facebook du PDG, en rappelant les violences causées au QG de Jean Ping et dans le reste du pays en août 2016, après les résultats de la présidentielle.
Analysant la réaction du PDG, un enseignant de sciences politiques de l’Université Omar Bongo a cité un ancien président Sud-africain : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense », (Un long chemin vers la liberté (1996) de Nelson Mandela) ; L’insulte est l’arme du faible et là, le PDG se montre très très faible », a ajouté l’universitaire.
GMN






