GUY NZOUBA NDAMA : « Je n’ai pas démissionné par manque de privilèges… »
C’est au rythme d’une forte ambiance politique que Kango et Ekouk ont vibré le week-end écoulé. Le programme chargé du candidat déclaré Guy Nzouba Ndama lui a permis de rencontrer les populations de ces deux localités situées dans la province de l’Estuaire à quelques heures de Libreville.
Tout a débuté dans une zone de la ville de Kango, sur la route nationale 1, avec à chaque étape, des sons traditionnels des groupes locaux venus égayer le public pour la circonstance.
D’une localité à l’autre, les populations sont parties nombreuses des villages voisins pour, a-t-il semblé en priorité, savoir les raisons réelles de la résignation de ce présidentiable, de son parti politique d’origine, et surtout de l’Assemblée nationale : « … ma démission n’est pas liées aux privilèges comme on tente de le faire croire. Mais j’ai constaté qu’en sept ans, le président de la République n’a pas respecté ses engagements alors qu’il possédait tous les moyens nécessaires pour le faire… ».
A Ekouk, une localité située à deux heures de la capitale gabonaise et constituée de petits villages, les discours des résidents tournaient autour des besoins primaires. La région est dotée d’une route bitumée, l’unique ; de part et d’autre de la voie, des habitations vétustes traduisent le haut niveau de pauvreté : « ici à Ekouk, nous sommes abandonnés… » lançait Yves Boussougou parlant au nom des jeunes « …on n’a pas l’eau, le courant, le travail… On nous a dit d’aller à Olam. Là bas, on nous paie trente milles francs par mois. Comment quelqu’un peut vivre avec ça ? ».
Pour la plupart, les habitants de cette zone vivent encore de chasse et de cueillette. Les conditions d’existence sont très précaires, d’où le départ de plusieurs personnes vers la capitale gabonaise. Guy Nzouba Ndama, l’ancien président de l’Assemblée nationale, a déploré que le pouvoir n’ait pas pu électrifier le pays tout entier durant ce septennat. Le nouvel opposant juge le bilan « catastrophique ». Pour lui, Ali Bongo Ondimba, son adversaire numéro1, était plus préoccupé à réaliser ses besoins personnels et ceux de ses amis.
Aussi, le nouvel opposant a-t-il exhorté les populations à la vigilance le jour du vote car selon lui, des étrangers auraient été enrôlés pour participer au scrutin : « …si vous ne reconnaissez pas certains visages, empêchez leurs de voter ». Il a promis au public de revenir durant la campagne présidentielle pour expliquer ce qu’il compte faire du Gabon une fois élu.
Georges-Maixent Ntoutoume






