GABON PRÉSIDENTIELLE/ Le Haut-Ogooué appelle au respect de l’article 10

14 juillet 20160
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Des altogovéens ont exprimé leur désir de changement en étalant les difficultés que traverse leur province et en appelant au respect de la Constitution gabonaise, au-cours d’une rencontre ce jeudi à Libreville.

La sortie tant attendue des gabonais originaires de la province du Haut-Ogooué s’est déroulée dans une salle de la Chambre de commerce que le public a très vite prise d’assaut à l’heure indiquée, traduisant ainsi son impatience de savoir le message que leurs compatriotes voulaient livrer au nom de tous les altogovéens. Ils ont tenu à briser les préjugés qui différencient, aux yeux de l’opinion nationale, leur région au reste du pays : « Le Haut-Ogooué, comme les autres provinces du pays, a connu pendant les 7 dernières années, les mêmes problèmes : pauvreté généralisée, systèmes scolaires et sanitaires non-fonctionnels, recul du vivre ensemble, désespérance de la jeunesse en raison d’un chômage abyssal... alors que le pays n’a jamais engrangé une masse aussi importante de ressources du fait d’une embellie historique des cours du pétrole », a lancé François Banga Eboumi, prononçant un discours de quatre pages au nom des "altogovéens libres".

Parmi les exemples cités pour démontrer que la province natale d’Omar Bongo Ondimba, le président gabonais décédé en 2009 est, elle aussi un souffre-douleur, « les "altogovéens libres" ont dressé une liste de disparus, considérés comme des martyrs au même titre que d’autres victimes décédées durant le long règne du système PDG au pouvoir « ... nous avons déploré la perte de Pascal Ndouna-Depenaud, du général Léon Ossiali Ongaye en passant par les Colonels Jean Marie Djoué Dabany et Alphonse Layigui, le Capitaine Alexandre Mandja Ngokouta, le Commandant Guy Norbert Aïssat, le député Antoine Ayatsou. Sans compter tous les anonymes des crimes rituels pour lesquels, les enquêtes n’ont jamais abouti ».

Appelant tous les altogovéens au discernement et à cesser le suivisme dans des choix sans convictions et peu réalistes de la situation que traverse le Gabon, ces originaires du Haut-Ogooué ont aussi interpellé le reste de la population : « A nos compatriotes d’autres provinces, nous disons Gabonais nous sommes, Gabonais, nous resterons. Le temps de la stigmatisation est fini, les Altogovéens se sentent libres d’adhérer à un parti politique et de soutenir les candidats du changement dont le projet rejoint les aspirations du peuple ». Dans le même discours, un appel vers les institutions en charge de l’élection : « Il est désormais de notoriété publique qu’en 2009, Ali Bongo Ondimba, pour se soustraire aux contraintes de l’article 10 de la Constitution a introduit un vrai-faux acte de naissance dans son dossier de candidature. L’intéressé l’a lui-même reconnu dans une interview en janvier 2015 sur les ondes de RFI. Pour éviter que pareille forfaiture ne se reproduise, nous invitons la CENAP et la Cour constitutionnelle à veiller au respect de l’esprit et de la lettre de la Constitution, particulièrement en son article 10. Il en va de la paix sociale et de la stabilité dans notre pays ».

Durant le règne d’Omar Bongo Ondimba, (42 ans au pouvoir) et jusqu’à présent, nombre de gabonais estiment que la province du Haut-Ogooué est la plus privilégiée de ce vieux et puissant système. Certaines hautes fonctions seraient réservées à ses ressortissants, notamment les régies financières dont la Douane gabonaise, le ministère des finances, mais aussi les grandes écoles de l’État telle que l’ENA où les recrutements se feraient à travers des réseaux opaques. Or, cette région est tout aussi sous-développée et sa population, pour la plupart, vit dans la pauvreté.

Georges-Maixent Ntoutoume

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