"FACE A LA NATION"/Ali Bongo pas très proche de la réalité des gabonais

31 août 20180
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Durant l’émission

Durant l’émission "Face à la Nation" Ali Bongo Ondimba a rédigé plusieurs notes.

"Face à la Nation", Ali Bongo ne semblait pas être réellement au fait des questions de l’heure : l’éducation, le chômage, le bien-être des gabonais. Si l’objectif de cette communication était de rapprocher le président gabonais de sa population, il est possible que le contraire se soit produit.

19h30mn, l’édition du journal de 20h, ramenée à 19h pour l’occasion, est arrêtée lorsque le Chef de l’Etat gabonais fait son entrée sur le plateau spécial conçu au Palais présidentiel. Bien installé, le fils du défunt président Omar Bongo s’explique d’abord sur la grande insécurité qui règne dans son pays. Pour lui, trois facteurs nourrissent le phénomène : le manque de moyens technologiques, l’oisiveté, et l’absence d’urbanisation de certaines zones difficiles d’accès pour les forces de l’ordre. Comme solution, le renforcement de la police de proximité qui ne devra pas "racketter" les populations. Le président semble aborder cette question avec légèreté. En 2017, le pays occupe la septième place du classement mondial des Etats dangereux. Aujourd’hui encore, aucune solution sur un sujet grave et omis durant l’émission, les crimes rituels qui déciment des familles. Les enquêtes n’aboutissent jamais à un résultat positif. Assassins et commanditaires vivent en liberté, parfois en narguant les familles des victimes. Dans certains quartiers, exacerbés, les habitants s’organisent en groupes d’autodéfense pour faire reculer les braqueurs qui blessent, violent et tuent au quotidien, dans les maisons, les universités et grandes écoles.

"L’égalité des chances commencent au niveau de l’éducation. Il n’y a pas une éducation pour les riches et une pour les pauvres" a-t-il affirmé. Pourtant, depuis son accession au pouvoir, les familles aisées inscrivent davantage leurs enfants dans les écoles privées. Les établissements publiques aux salles pléthoriques n’assurent plus de bons résultats. Avec les grèves chaque année, le système éducatif gabonais fonctionne à deux vitesses : les enfants des pauvres sont victimes des mouvements des syndicats et les enfants des nantis suivent un programme normal dans les écoles n’appartenant pas à l’Etat. Les enseignants dénoncent toujours le fait qu’aucune école n’est sortie de terre depuis 7 ans. Abordant la question du chômage. Ali Bongo a dit que 70% des filières de l’Université Omar Bongo ne répondent pas au marché du travail, d’où le chômage élevé des diplômés. Il compte mettre en place une Task force sur l’éducation dont l’objectif sera d’établir un système de partenariat public/privé. Une annonce qui ne répond pas à l’urgence.

« Il n’y a pas de prisonniers politiques au Gabon". Cette affirmation fera sans doute beaucoup d’échos dans les journaux. Détenus depuis le 31 août 2016 et torturé début 2018, Bertrand Nzibi Abeghe ignore toujours les raisons de son incarcération. Selon son avocat, son dossier est complètement vide. Landry Washington, arrêté à sa descente d’avion, ne sait pas aussi les raisons de sa détention. Sur la liste de l’ONG ROLBG, figurent une vingtaine de noms d’individus incarcérés depuis la crise née de la dernière présidentielle ; sans oublier les cas de disparition, dont celle, survenue à l’issue d’un rassemblement au QG de Jean Ping, de l’animateur télé Stempy Obame et de deux autres personnes, disparues depuis plusieurs mois. Leur famille ne savent vers qui se tourner. Le président gabonais ne considère pas ces gens comme des prisonniers politiques : " « Il y a des compatriotes qui se retrouvent aujourd’hui en prison pour des actes de violence qu’ils ont commis". A deux ans de détention sans jugement, un peu moins pour certains, la justice gabonaise semble beaucoup négliger ces cas.

GMN

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