AUSTERITE/« Notre Nation est agressée depuis 2016 », dixit Noël Bertrand Boundzanga
Pour Noël Bertrand Boundzanga, les réformes gouvernementales du 21 juin dernier sont un aveux de mauvaise gouvernance.
En conférence ce 12 juillet à la Chambre de Commerce de Libreville, l’universitaire gabonais estime que son pays est pris en otage entre les feux d’une « démocratie meurtrière » et d’une « économie meurtrière ».
Le Gabon fait face à une nouvelle agression. Cette assertion de l’enseignant d’université Noel Bertrand Boundzanga trouve sa source dans les récentes réformes gouvernementales. Pour assainir la gestion de l’Etat, les dirigeants ont pris des mesures drastiques décriées depuis plusieurs jours au sein de la société. Durant sa conférence intitulée « La jeunesse, l’austérité et le plein emploi », l’orateur a surtout mis un accent sur l’avenir des diplômés sortis des écoles. Pour lui, les jeunes gabonais sont les principales victimes des décisions prises. Les étudiants figurent parmi les gabonais économiquement faibles. Geler les recrutements de la fonction publique durant trois ans est un profond appauvrissement d’une partie de la population dont le quotidien est déjà très lourd.
Paradoxe. Le choix de maintenir des jeunes dans le chômage est une auto-contradiction d’Ali Bongo Ondimba, estime le conférencier. Dans le document Politique nationale pour la jeunesse du Gabon, Contrat de partenariat pour une jeunesse responsable, publié en 2012, le président gabonais écrivait en préambule : « Mon ambition, à travers cette initiative, est de développer l’autonomie des jeunes, c’est-à-dire leur capacité à pouvoir assumer intellectuellement et financièrement leur propre existence tout en contribuant au développement du pays ». Puisqu’une politique nationale de la jeunesse vise à assurer la participation des jeunes dans toutes les sphères de la société pour le développement du pays, l’universitaire se demande comment le président gabonais compte-t-il garantir l’autonomie financière des jeunes si ces derniers ne travaillent pas. Il a lancé un appel aux jeunes à réagir.
L’obstination à nier l’évidente crise. Le débat entre l’existence ou pas d’une crise est à ses yeux une véritable distraction. Il estime qu’au Gabon, tous les caractères de l’austérité sont mis en exergue par les mesures gouvernementales du 21 juin dernier : « Une politique d’austérité vise principalement la réduction du déficit public pour palier au risque d’insolvabilité de l’Etat. Lorsque l’actif réalisable et disponible ne parvient plus à couvrir le passif exigible, il y a crise. Dans le cas du Gabon, les retards fréquents, répétés, permanents, et devenus donc endémiques, sont symptomatiques d’une crise. Ceci montre que l’actif disponible n’est plus suffisant pour couvrir le passif exigible. Les mesures gouvernementales sont la conséquence de cela et montrent objectivement que le Gabon est entré dans une phase d’austérité… », Noel Bertrand Boundzanga réfute donc la croissance positive dont se targue le gouvernement gabonais.
Auteur du livre « Le Gabon, une démocratie meurtrière » paru en décembre 2016, pour Noël Bertrand Boundzanga, entre détournements de fonds publics, mauvaise gouvernance et violence de l’Etat, son pays est victime des agressions quasi permanentes du régime au pouvoir depuis les événements postélectoraux d’août 2016.
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GMN






