ABSENCE D’ALI BONGO/ « Mborantsouo n’a pas le droit de réécrire la Constitution », Jean Eyeghe Ndong
Soutien de Jean Ping, l’ancien Premier ministre, Jean Eyeghe Ndong, exige le respect de la Constitution et la vérité du vote du 27 août 2016. Gabonews©Novembre 2018
Le dernier Premier ministre du défunt président Omar Bongo fustige la modification du texte constitutionnel survenue le 14 novembre à la haute chambre. Ce 24 novembre à Libreville, il exprimait son irritation sur un ton ferme, devant une foule moyenne.
Plusieurs Librevillois se sont rendus au QG de Jean Eyeghe Ndong, sous la forte chaleur qui a dominé cette fin de matinée. Pour eux, le déplacement était nécessaire, vu les événements survenus ces derniers temps à la Cour constitutionnelle. Leur leader Jean Eyeghe Ndong estime que la loi fondamentale n’accorde aucune prérogative permettant à la présidente de la Cour constitutionnelle de corriger un article comme elle l’a récemment fait. Cette initiative fortement décriée au sein de la population et sur la scène politique gabonaise est considérée comme un acte hors la loi.
Soutien de Jean Ping, le sénateur du deuxième arrondissement de Libreville a galvanisé la foule durant un discours de plus de 20 minutes. Pour lui, les Gabonais doivent cesser de négliger les questions qui freinent la progression de la démocratie dans leur pays. Selon lui, en août 2016, Marie-Madeleine Mborantsouo avait déjà violé la loi en annulant le scrutin dans une vingtaine de bureaux sans y reprendre le vote : « pourquoi celui qui n’a pas été élu, c’est-à-dire Ali Bongo, est à la présidence de la République ? Les gens qui sont à la tête de nos institutions ne les respectent pas. Je ne vous demande pas de faire le fou dans la ville, mais vous devez vous manifester pour exprimer votre colère… », a-t-il lancé.
Malgré les explications de la présidente de la Cour constitutionnelle pour justifier l’alinéa ajouté dans la Constitution, la colère contre Marie-Madeleine Mborantsouo semble monter davantage au sein de la population. Les sorties des leaders politiques et de la société civile participent à faire monter la pression. Jeudi 22 novembre, la Brigade anticriminalité (BAC) a arrêté neuf manifestants lors du sit-in d’un groupe de femmes vêtues de blanc devant le siège de la Cour constitutionnelle.
Après la rencontre du vendredi 23 novembre à Rio et celle de ce samedi 24 au QG de Nkembo, d’autres manifestations de mécontentement pourraient survenir dans les prochains jours.
GMN






