Lettre ouverte à Son Excellence Madame Camélia Ntoutoume-Leclercq Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Instruction civique et de la Formation professionnelle

3 septembre 20260
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Madame la Ministre, et si nous arrêtions d’amputer l’identité de nos enfants ?
Et si, avant de demander à nos garçons et filles de couper leurs cheveux, nous prenions simplement le temps de leur demander ce que ces cheveux racontent ?
Excellence, Madame la Ministre,

Chère sœur,

Je vous écris avec respect. Mais je vous écris aussi avec la conviction qu’un citoyen, lorsqu’il aime son pays, doit avoir le courage d’interpeller ceux qui ont la responsabilité de le construire.

Je suis père. Je suis Gabonais. Et je suis profondément attaché à cette question qui me paraît aujourd’hui essentielle : comment construire une jeunesse gabonaise fière d’elle-même si, dans le même temps, nous continuons parfois à lui apprendre à se conformer à des normes qui lui demandent de dissimuler une partie de ce qu’elle est ?

La question peut sembler insignifiante. Des cheveux. Quelques tresses. Des locks. Une coupe à ras. Après tout, pourrait-on dire : « Ce ne sont que des cheveux. »
Mais justement, Madame la Ministre. Ce ne sont pas que des cheveux.
Une politique de retour aux sources doit être cohérente et conséquente.

Les nouvelles autorités gabonaises ont fait du retour aux sources, de la réappropriation de notre histoire, de notre culture et de notre identité, un axe fort de leur discours et de leur action. Je m’en réjouis. Parce que nous avons besoin de retrouver ce que nous avons parfois oublié. Nous avons besoin de réapprendre nos histoires. Nos langues. Nos traditions. Nos savoirs. Nos symboles. Nos héros. Nos penseurs. Nos artistes. Nos manières d’être au monde.

Mais une politique de retour aux sources ne peut pas être uniquement institutionnelle ou déclarative. Elle doit être cohérente. Et surtout, elle doit être conséquente.
On ne peut pas demander à un enfant gabonais d’être fier de ses racines tout en lui expliquant que certaines manifestations visibles de ces mêmes racines sont incompatibles avec l’école. On ne peut pas dire à notre jeunesse : « Sois fier de qui tu es. » Puis lui répondre : « Mais pas jusque dans tes cheveux. »
Il y a là une contradiction que nous devons avoir le courage de regarder.

Le cheveu africain n’est pas né hier

Il faut aussi se souvenir d’une histoire plus ancienne. Une histoire douloureuse.
Pendant des siècles, les populations africaines ont subi des processus de déshumanisation qui ont également porté sur leur corps, leur apparence et leurs pratiques culturelles.

Dans les sociétés esclavagistes et coloniales, les cheveux crépus ont souvent été décrits par les dominants à travers des catégories dévalorisantes : cheveux « sauvages », « indisciplinés », « sales », parce qu’ils ne correspondaient pas aux normes esthétiques européennes.

Les hommes africains ont été contraints, selon les lieux et les époques, à avoir les cheveux courts ou rasés ; les femmes ont souvent dû couvrir leurs cheveux. Le cheveu n’était donc pas neutre. Le contrôler, c’était aussi contrôler le corps.

Les travaux de notre sœur afro-caribéenne, la sociologue martiniquaise Juliette Smeralda, notamment dans son ouvrage Peau noire, cheveu crépu : l’histoire d’une aliénation, montrent précisément comment les représentations du cheveu noir se sont inscrites dans une histoire de domination, d’imitation et d’intériorisation de normes esthétiques étrangères.

J’ai d’ailleurs eu le privilège de rencontrer Juliette Smeralda et d’échanger longuement avec elle sur cette problématique. Ces échanges approfondis ont renforcé ma conviction quant à la portée des traumatismes et des séquelles psychologiques de la domination coloniale sur la perception de notre propre corps.

Ce n’est donc pas une affaire de mode. C’est une affaire de mémoire. Et lorsqu’une mémoire a été douloureuse, il faut être particulièrement attentif à ne pas reproduire inconsciemment certaines de ses logiques. Or, en rasant de force la tête de nos enfants, ne sommes-nous pas en train de leur infliger ce que les esclavagistes et les colons infligeaient à nos ancêtres, à nos alleux et à nos grands-parents ?

Un débat qui traverse toute l’Afrique : l’exemple de la Côte d’Ivoire
Cette interrogation ne concerne pas que le Gabon. C’est une prise de conscience qui traverse aujourd’hui l’ensemble du continent africain.

En Côte d’Ivoire, par exemple, un mouvement inédit s’est structuré récemment. Comme l’a très bien mis en lumière un reportage de la web TV AJ+ intitulé « le crâne rasé : seule option pour être "présentable" ? », la jeunesse africaine ne veut plus subir cette injonction d’effacement.

En juillet 2026, des collégiens ivoiriens ont pris l’initiative de lancer une pétition historique adressée à leur Ministre de l’Éducation Nationale pour réclamer le respect de leur libre choix de porter leurs cheveux naturels à l’école.

Le succès a été foudroyant : plus de 150 000 signatures récoltées en seulement un mois, pour dépasser aujourd’hui les 175 000 signatures en ce mois de septembre 2026. Et ce mouvement rassemble bien au-delà de la jeunesse : cette pétition a été massivement signée par des collégiens, mais aussi par des parents d’élèves et des enseignants solidairement engagés.

Cela démontre à quel point la question déborde le cadre d’un simple règlement intérieur d’établissement. C’est toute une génération d’Africains, soutenue par ses aînés, qui exprime le désir de réconcilier le cadre scolaire avec son identité profonde.
Nos ancêtres ne se coiffaient pas « n’importe comment  »

Avant que la mondialisation ne transforme la coiffure en simple accessoire de mode, les cheveux étaient, dans de nombreuses sociétés africaines, un véritable langage social. Les coiffures pouvaient renseigner sur l’âge, le statut matrimonial, l’appartenance à un groupe, le rang social, la religion ou certaines circonstances particulières de la vie. Les tresses et leurs motifs pouvaient ainsi devenir une véritable carte sociale que chacun savait lire.

Dans certaines sociétés et certains royaumes, il était possible de reconnaître une personne à sa coiffure, à ses ornements ou à la manière dont ses cheveux étaient arrangés. Certaines traditions rapportent également que, durant la période de l’esclavage dans les Amériques, des femmes africaines réduites en esclavage auraient utilisé certaines formes de tressage pour transmettre des informations, notamment des indications liées aux chemins d’évasion.

Ces récits sont particulièrement documentés dans le cas de certaines communautés de Colombie, notamment autour de San Basilio de Palenque, où les coiffures sont présentées comme ayant pu servir de support à la transmission d’informations et de routes de fuite.

Autrement dit : la tresse pouvait être un langage. Elle pouvait dire : « Je suis mariée », «  Je suis en deuil », « Je suis de telle communauté », «  Je possède tel statut ». Et, dans certaines situations historiques, elle pouvait même porter un message de résistance.

Alors quand nous disons à un enfant (notamment aux garçons) : « Tes longs cheveux, ton afro, tes tresses n’ont pas leur place à l’école », nous devons au minimum nous demander si nous ne sommes pas en train de réduire à une simple fantaisie esthétique ce qui fut parfois, dans l’histoire africaine et diasporique, un véritable système de signes.

Et il existe aussi une autre lecture du cheveu

Dans certaines traditions africaines et dans certaines approches initiatiques, le cheveu est considéré comme davantage qu’une matière biologique. Il est parfois présenté comme un réceptacle, une interface entre l’être et son environnement, capable notamment de capter l’énergie solaire et de participer symboliquement à la vitalité de l’individu.

Je ne vous demande pas, Madame la Ministre, de transformer ces conceptions spirituelles en vérité scientifique. Je vous demande simplement de reconnaître qu’elles appartiennent à une partie de notre patrimoine culturel et symbolique. Et cela suffit à justifier que nous ne traitions pas le cheveu africain comme une chose insignifiante.

Ce qui est sacré pour certains ne doit pas être ridiculisé par les autres.

Je suis Obamba. Et mes ancêtres avaient leurs propres codes
Je suis originaire de la province du Haut-Ogooué dans le Sud du Gabon. Chez les Ambaama, ou Obamba, dont je suis issu, la mémoire culturelle nous rappelle notamment que les guerriers d’autrefois pouvaient porter de belles coiffures tressées permettant de les reconnaître.
Le cheveu pouvait donc participer à l’identification, à l’appartenance, à la distinction, à la représentation du groupe.

Aujourd’hui, nous voulons construire un Gabon qui retrouve sa mémoire. Alors pourquoi faudrait-il commencer cette reconquête par une tondeuse ?
Mon fils m’a appris quelque chose que je n’avais pas compris
Mon dernier fils a aujourd’hui 14 ans. Et depuis quelques années, il porte fièrement ses locks africaines. Ce choix n’est pas une provocation. Ce n’est pas une rébellion. Ce n’est pas un refus de l’autorité. C’est simplement une partie de lui. Son choix à lui, car moi, je n’en porte pas.

Un jour, alors qu’il avait 11 ans, sa mère a voulu lui « égaliser » les cheveux. Elle pensait bien faire. Elle lui a coupé seulement trois tresses. Trois. Pas toute sa chevelure. Pas même une grande partie. Trois petites tresses. Mais sa réaction nous a profondément bouleversés. Il a regardé sa mère et, avec une maturité qui nous a désarmés, lui a dit : « Maman, tu m’as enlevé une partie de mon identité. » Puis il a longuement pleuré.

Sa mère, qui n’avait évidemment aucune volonté de le blesser et pensait simplement prendre soin de lui, a compris. Elle s’est confondue en excuses. Et ce jour-là, nous avons appris une leçon que beaucoup d’adultes oublient : nous voyons parfois des cheveux là où un enfant voit une partie de lui-même.

Voilà pourquoi cette question me touche personnellement. Parce que derrière une règle administrative, il y a parfois un enfant. Et derrière une paire de ciseaux, il peut y avoir une émotion que l’adulte n’avait pas anticipée.

Alors imaginez tous ces enfants, garçons - et parfois même filles - rasés malgré eux chaque année, contraints à amputer une part de leur identité, pour avoir le droit d’aller à l’école… N’est-ce pas là un réel traumatisme ?
« Pièce d’identité » : parlons justement d’identité

Je voudrais vous raconter une autre expérience. Je vis en France. Un jour, une équipe de l’administration gabonaise s’était déplacée afin de permettre aux Gabonais vivant en France de renouveler leurs passeports. Je m’y suis rendu en famille. J’avais pris soin de faire tresser ma petite fille. Elle portait fièrement ses cheveux africains.

Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque l’agent du CEDOC de l’époque nous demanda de lui mettre une perruque par-dessus ses tresses afin de réaliser la photographie destinée à sa pièce d’identité. J’avoue que j’ai vécu cet instant comme une véritable humiliation. Il a fallu tout le calme de mon épouse pour contenir ma colère.
Parce que, ce jour-là, une question m’est venue immédiatement : dans « pièce d’identité », il y a le mot « identité ». Alors quel sens donner à cette identité si, pour être officiellement photographié comme Gabonais, il faut parfois masquer ce que nous sommes naturellement ?

Je ne dis pas qu’une perruque est mauvaise en soi. Je ne dis pas qu’une personne ne doit jamais porter de cheveux artificiels. La liberté de se coiffer comme on le souhaite doit être préservée. Mais cette liberté doit fonctionner dans les deux sens.

Si quelqu’un souhaite porter une perruque, qu’il puisse le faire. S’il souhaite porter ses cheveux naturels, qu’il puisse également le faire. S’il souhaite porter des tresses, qu’il puisse les porter. S’il souhaite porter des locks, qu’il puisse les porter.

Pourquoi faudrait-il que le cheveu africain naturel soit celui qu’il faut cacher ?
Et entre nous : si nos établissements étaient composés en partie d’enfants blancs et asiatiques comme dans les années 80, aurions-nous imposé cette même règle à ces enfants aux cheveux « lisses » ? A moins que nous considérions que seuls « nos cheveux de noirs » sont « sales » et doivent être rasés, et pas ceux des autres ? Ce serait là le symptôme d’une réelle et profonde aliénation dont il serait temps de guérir.
Philippe Mory nous avait déjà posé la question…

Et c’est ici que je pense à un grand homme de notre histoire culturelle : Taata Philippe Mory. Acteur, réalisateur, pionnier du cinéma gabonais. En 1971, il réalise Les Tam-Tams se sont tus, œuvre fondatrice du cinéma gabonais. Plus d’un demi-siècle plus tard, ce film continue de résonner.

Une récente rétrospective consacrée au cinéma gabonais rappelait d’ailleurs combien l’œuvre de Philippe Mory interrogeait déjà les rapports entre identité, tradition, modernité et occidentalisation.

Alors je me permets cette formule : Philippe Mory nous avait prévenus. Les tam-tams se sont peut-être tus. Mais les questions, elles, sont toujours là. Qui sommes-nous ? Qu’allons-nous conserver ? Que sommes-nous prêts à abandonner ? Et surtout : jusqu’où irons-nous dans l’imitation de l’autre avant de ne plus nous reconnaître nous-mêmes ?

Il serait peut-être temps de rendre hommage à Philippe Mory autrement que par des commémorations. En redevenant nous-mêmes.

L’école doit émanciper, pas uniformiser

Excellence, Madame la Ministre, je ne vous demande pas une école sans règles. Je demande une école qui sache distinguer :

• la discipline de la soumission ;
• la propreté de la conformité ;
• la tenue correcte de l’effacement culturel ;
• l’autorité de l’autoritarisme.

Si une coiffure pose un problème d’hygiène, réglons le problème d’hygiène. Si elle pose un problème de sécurité, réglons le problème de sécurité. Si elle empêche le port d’un équipement obligatoire, réglons le problème technique. Mais si elle ne pose aucun de ces problèmes... pourquoi l’interdire ?

Quelle compétence éducative un garçon développe-t-il en ayant les cheveux rasés qu’il ne pourrait développer avec des tresses ? La ponctualité ? Le rasoir ne l’apprend pas. Le respect ? La tondeuse ne l’enseigne pas. La citoyenneté ? Elle ne pousse pas davantage sur un crâne rasé. L’intelligence ? Elle n’a jamais demandé une coupe particulière pour fonctionner.

J’ose donc une petite pointe d’humour : je n’ai encore jamais vu une équation devenir fausse parce que son auteur avait des locks.

Le véritable enjeu est ailleurs

Le véritable enjeu est de savoir quelle relation nous voulons que nos enfants entretiennent avec eux-mêmes. Un enfant doit pouvoir découvrir le monde sans avoir honte de ses racines. Il doit pouvoir admirer Paris, Londres, New York, Tokyo ou Johannesburg sans considérer que ce qui vient d’ailleurs est nécessairement supérieur à ce qui vient de chez lui.

Il doit pouvoir apprendre les grandes civilisations du monde tout en connaissant celles de l’Afrique. Il doit pouvoir parler français, anglais, espagnol ou chinois tout en étant fier de sa langue et de son patrimoine. Il doit pouvoir porter un costume occidental un jour et une tenue traditionnelle gabonaise un autre jour. Et il doit pouvoir porter des cheveux courts, longs, tressés ou en locks sans que cela détermine sa valeur comme élève ou comme citoyen.

Voilà, à mes yeux, la véritable désaliénation. Ce n’est pas rejeter l’autre. C’est cesser de se considérer soi-même comme inférieur.

Excellence, Madame la Ministre, faisons du « retour aux sources » une réalité vécue
Le retour aux sources ne peut pas être uniquement une formule politique. Il doit entrer dans les salles de classe. Dans les programmes scolaires. Dans les musées. Dans les livres. Dans nos langues. Dans notre musique. Dans nos arts. Dans notre histoire. Dans notre rapport à nos corps. Et oui... dans nos cheveux.

Pourquoi ne pas profiter de cette question pour faire exactement ce que l’école devrait faire ? Éduquer. Pourquoi ne pas enseigner à nos élèves l’histoire des coiffures africaines ? Pourquoi ne pas leur montrer que les tresses ont pu être des marqueurs sociaux et culturels ? Pourquoi ne pas leur apprendre que le cheveu peut raconter une histoire ? Pourquoi ne pas inviter des historiens, des anthropologues, des sociologues, des détenteurs de savoirs traditionnels à parler de ces patrimoines ? Pourquoi ne pas transformer ce qui pourrait être une polémique en formidable leçon d’histoire et de citoyenneté ?

En conclusion : Ne coupons pas ce que nous cherchons à reconstruire
Excellence, Madame la Ministre,
Chère sœur,

Je vous invite donc respectueusement à reconsidérer cette réglementation. Non pas pour satisfaire une mode. Non pas pour céder à une revendication. Mais parce que le Gabon que nous voulons construire mérite mieux que des contradictions.
Nous voulons un Gabon souverain. Un Gabon fier. Un Gabon enraciné. Un Gabon ouvert au monde. Mais un Gabon qui sait qui il est.

Alors commençons peut-être par permettre à nos enfants d’apprendre une chose fondamentale : ils n’ont pas besoin de cacher une partie d’eux-mêmes pour être respectables.

Mon fils a aujourd’hui 14 ans. Il porte toujours ses locks. Et chaque fois que je le regarde, je repense à cette phrase prononcée à seulement 11 ans : « Maman, tu m’as enlevé une partie de mon identité. » Trois tresses. Trois petites tresses. Pour nous, adultes, presque rien. Pour lui, une partie de lui.

Alors, avant de demander à nos garçons - et parfois à nos filles - de couper leurs cheveux, demandons-nous ce que nous risquons de couper en eux. Peut-être que ce ne sont que quelques centimètres. Mais peut-être aussi qu’il s’agit d’une mémoire. D’une appartenance. D’une fierté. D’une histoire. D’une identité.

Et peut-être que le véritable enjeu de cette question n’est finalement pas : « Quelle longueur de cheveux devons-nous autoriser à l’école ?  » Mais plutôt : « Quelle image du jeune Gabonais, du jeune Africain voulons-nous construire dans sa propre tête ? »

Un jeune Gabonais, un jeune Africain qui connaît le monde, oui. Qui sait s’adapter, oui. Qui respecte les règles, évidemment. Mais qui n’a plus besoin de se couper lui-même en morceaux pour être accepté.
C’est peut-être cela, finalement, le véritable retour aux sources : ne pas revenir en arrière. Mais revenir à soi.

Avec tout mon respect républicain,

Serge Martial MOKANDA
Père de famille
Citoyen engagé pour la transmission,
la valorisation des héritages africains et l’affirmation de soi.

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