Libreville : l’OIF lance l’atelier régional pour l’agro-entrepreneuriat vert des jeunes du bassin du Congo
L’hôtel Hibiscus de Libreville a abrité ce 05 octobre 2026, la cérémonie d’ouverture de l’atelier régional de renforcement des capacités et de mentorat pratique pour l’agro-entrepreneuriat vert des jeunes du Bassin du Congo. Une initiative de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Ils sont 30 jeunes venus du Cameroun, du Congo, du Gabon, de Guinée Equatoriale, de République Centrafricaine et de République Démocratique du Congo. Tous ont été sélectionnés après avoir suivi avec succès le parcours de formation en ligne de l’OIF sur l’agriculture durable.
La cérémonie a été présidée par le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement Rural, Pacôme Kossy en présence du Représentant Régional de l’OIF pour l’Afrique Centrale, M. Alphonse Waguena et la vice-présidente du Bureau du Groupe des Ambassadeurs Francophones et des partenaires techniques et financiers.
Prenant la parole, Alphonse Waguena a souhaité la cordiale bienvenue à Libreville, "cette ville en pleine métamorphose". Il a rappelé que le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète, est à la fois un patrimoine écologique mondial et un espace confronté à la dégradation des ressources, à l’insécurité alimentaire et au chômage des jeunes. "Face à cette réalité, nous avons le choix entre subir le changement ou le conduire. L’OIF a fait son choix. Nous avons choisi d’investir dans les compétences, dans l’innovation, dans la jeunesse. Nous avons choisi d’investir en vous chers jeunes."
Pour le Représentant de l’OIF, cet atelier n’est pas une simple formation. C’est un investissement dans l’avenir du Bassin du Congo, dans la sécurité alimentaire, la résilience climatique et l’espérance. L’objectif est de démontrer que protection de la nature et création de richesse ne sont pas contradictoires, mais complémentaires.
Le Ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy quant à lui, il a insisté sur la place du secteur agricole dans la stratégie du Gabon. "Le secteur agricole est un secteur que nous devrions positionner comme un secteur où on peut réussir et réussir très bien."
Autour de cette conviction, il a partagé trois messages clés la premiere faire de l’agriculture une activité de transformation économique. "Pendant trop longtemps l’agriculture a été perçue comme une activité de subsistance. Nous devons changer de paradigme. L’agriculteur est un entrepreneur, l’exploitation est une entreprise." Le Gabon met en œuvre son plan de transformation qui prend en compte toute la chaîne : du champ à l’assiette, production, transformation, stockage, logistique et commercialisation.
"Vous n’êtes pas des bénéficiaires. Vous êtes des acteurs majeurs." Pour attirer durablement les jeunes, il faut leur proposer autre chose que l’agriculture manuelle. "L’agriculture de demain, c’est la mécanisation, l’irrigation intelligente, les données, le numérique, la transformation agroalimentaire."
Au cœur du deuxième poumon vert de la planète, le Gabon veut transformer cette richesse en opportunité. L’agriculture durable doit devenir un avantage compétitif : mieux gérer l’eau, préserver les sols, valoriser les déchets agricoles.
Il a conclu par un défi lancé aux participants : "Ne repartez pas seulement avec de nouvelles connaissances. Repartez avec des projets plus solides. Nous ne mesurerons pas le succès de cet atelier au nombre de jeunes formés, mais aux entreprises créées et aux emplois générés."
Parmi les participants, l’enthousiasme est réel.
Une étudiante en 2ème année d’agriculture confie : "Nous sommes là pour apprendre beaucoup plus sur l’innovation et comment entreprendre. C’est une opportunité pour apprendre et ensuite montrer à mes camarades ce que j’ai appris ici."
Un autre participant au profil atypique ajoute : "Je ne suis pas de base agro-entrepreneur, mais les formations de la Francophonie sont accessibles à tout le monde et gratuitement. J’ai été sélectionné pour Libreville. J’attends qu’on me donne le matériel adéquat pour relier le champ à l’assiette et lier la théorie à la pratique."
Pendant cinq jours, ils vont approfondir l’agroécologie, l’agroforesterie, les bio-intrants et l’élaboration de business plan bancable.
L’atelier se veut ainsi le point de départ d’une nouvelle génération d’entrepreneurs verts pour l’Afrique centrale.
DO/MT






