CNAMGS : entre cambriolages et sabotages, l’institution de prise en charge définitivement sous un mauvais nuage ?
Le siège de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS) à Libreville fait face depuis plusieurs mois à une vague inquiétante de cambriolages, suscitant de vives interrogations sur la sécurité au sein de cette institution clé du système social gabonais. Le dernier en date, survenu dans la nuit du mardi 21 au mercredi 22 octobre 2025, vient raviver l’inquiétude chez les agents et observateurs.
Ces actes délictueux ne sont pas isolés. En septembre 2025, un cambriolage ciblé avait déjà eu lieu à la Direction des Ressources Humaines située au quartier de la Sablière, dans la commune d’Akanda. Un disque dur contenant des données sensibles des salaires des agents avait alors disparu sans trace d’effraction. Ce vol mystérieux a alimenté les soupçons d’une possible implication interne, renforçant la thèse d’un sabotage visant à fragiliser l’institution.
Cette crise sécuritaire intervient dans un contexte où la CNAMGS connaît plusieurs bouleversements, avec la suspension de sa directrice générale par le Conseil d’administration. De plus, suite à un incendie majeur en janvier 2024 qui avait détruit une partie de ses bureaux sur le front de mer, le siège social a été délocalisé à la Sablière, un quartier au nord de Libreville. Cette relocalisation visait à améliorer l’organisation et l’accessibilité des services, mais n’a visiblement pas réglé les problèmes de sécurité.
Plus largement, la CNAMGS traverse une période de tension interne liée aux réformes à hauts impacts. En particulier, la réforme des évacuations sanitaires, qui vise à mettre fin à un système jugé clientéliste et à renforcer la prise en charge locale des patients, dérange des intérêts privés bien ancrés dans l’institution. Certains observateurs estiment que ces cambriolages sont autant d’actes délibérés pour déstabiliser la direction jugée intègre et retarder les processus administratifs, notamment le traitement des salaires, ce qui mine le moral des agents.
La direction générale par intérim de la CNAMGS a officiellement rassuré son personnel en affirmant prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la continuité des activités dans les meilleures conditions. Par ailleurs, une enquête policière est en cours pour faire la lumière sur ces cambriolages et identifier les responsables. Toutefois, la question reste ouverte : pourquoi la CNAMGS est-elle devenue une cible répétée de malfaiteurs et peut-être d’actes de sabotage internes ?
Cette situation dramatique pose un sérieux défi à la gouvernance de la sécurité sociale au Gabon et appelle à une mobilisation urgente pour restaurer la confiance, protéger les données sensibles, et garantir aux agents des conditions de travail sûres et sereines.
DO/MT






