Bikcity à la croise des chemins : le collectif engage une refonte pour répondre aux nouveaux défis des cités de Bikélé
Bikélé, 12 septembre 2026. Créé en février 2018 pour défendre les intérêts des réservataires et acquéreurs des logements sociaux de Bikélé, le collectif Bikcity qui regroupe les cités : Estuaire, Iboundji, Atlantique, Ntem, Komo pour près de 3000 logements, vient de franchir une nouvelle étape de son histoire. Après huit années d’existence, l’organisation estime être arrivée à un tournant qui impose de repenser son fonctionnement, mais surtout d’élargir son champ d’action.
Réunis en Assemblée générale le samedi 12 septembre 2026, les membres ont posé la question de fond : quel Bikcity Pour les prochaines années ?
Présidée par M. Oyabi Claude Arnaud, cette Assemblée générale avait notamment pour objectif de dresser le bilan du nouveau bureau installé depuis avril 2026 et d’aborder les difficultés qui pèsent actuellement sur la vie des cités.
De la défense des acquéreurs à la défense du cadre de vie
À sa création, Bikcity avait essentiellement pour vocation de défendre les intérêts des réservataires et acquéreurs confrontés aux difficultés liées à l’acquisition de leurs logements. Huit ans plus tard, les réalités du terrain ont considérablement évolué.
La question de l’accès à la propriété demeure centrale, mais elle ne peut plus être dissociée des problèmes liés au vivre ensemble, à l’entretien des espaces communs, à l’eau, à l’électricité, à la voirie et à la gestion des déchets. C’est cette évolution qui a conduit le collectif à réfléchir à un changement de cap.
L’Assemblée générale a ainsi examiné la situation actuelle de l’organisation, considérée comme étant en stagnation, et s’est prononcée en faveur de sa *refonte*, plutôt que de sa dissolution.
Le dossier SNI toujours au cœur des préoccupations
Le bilan d’étape du nouveau bureau a notamment porté sur le conflit opposant certains réservataires à la Société nationale immobilière (SNI), sur fond d’impayés et de menaces d’expulsion.
Pour Bikcity, cette situation doit être examinée au cas par cas mais aussi à la lumière des conditions dans lesquelles vivent les habitants.
Le collectif rappelle que plusieurs familles ont pris possession de logements pour la plupart inachevés et alors que les travaux d’aménagement des cités n’étaient pas achevés. Les habitants évoquent notamment les difficultés liées à la voirie, à l’eau et à l’électricité, auxquelles s’ajoutent les charges financières liées au dispositif de location-vente.
Selon le collectif, les habitants ont grandement contribué directement à sauver ce beau projet en travaillant sommairement les voies d’accès et certains équipements nécessaires à leur installation, notamment à travers la prise en charge de l’arrivée de supports électriques, aujourd’hui utilisés dans les cités même par la SNI qui nous punie.
Des travaux SNI qui suscitent incompréhension et déception
Autre sujet fortement débattu : l’état des travaux initiés par la SNI dans les différentes cités.
Bikcity déplore l’abandon ou le ralentissement de plusieurs chantiers et s’interroge sur la situation particulière des cités de Bikélé. « Durant toutes ces vacances, les habitants ont vécu dans la poussière. Avec le retour des pluies, c’est désormais la boue qui nous attend », déplore le collectif.
L’organisation dit avoir du mal à comprendre que de nouveaux chantiers soient engagés ailleurs alors que certains travaux anciens restent inachevés à Bikélé.
La situation de l’eau et de l’électricité demeure également une préoccupation majeure pour les habitants qui dans les prochains vont entamer des études pour l’installation des forages.
Un appel au président de la République
Face à cette situation, Bikcity lance un appel au président de la République afin qu’une attention particulière soit accordée aux conditions de vie des habitants des cités de Bikélé.
Le collectif estime qu’une intervention permettant, à tout le moins, de réaliser les travaux essentiels de voirie, notamment *les ouvrages en béton et les caniveaux*, permettrait d’améliorer considérablement le quotidien des populations.
Pour BIKCITY, il s’agit de plus de 5 000 personnes qui ne souhaitent pas être laissées pour compte. « Ne sommes-nous pas des Gabonais qui devons également profiter du coup de la Libération ? », s’interroge le collectif, qui dit ressentir une profonde frustration en voyant les délégations et responsables passer devant les cités de Bikélé pour rejoindre de nouveaux chantiers.
Le message est clair : les habitants souhaitent que les travaux engagés soient achevés avant que d’autres projets ne prennent leur place.
Vers un syndic de copropriété
L’Assemblée générale a également ouvert une nouvelle perspective concernant la gestion quotidienne des cités. Une étude sera lancée afin d’élaborer une proposition à soumettre à la SNI pour la mise en place d’un syndic de copropriété.
L’objectif serait notamment de permettre aux habitants de mieux organiser la gestion des espaces communs et de prendre progressivement leur part de responsabilité dans l’entretien et la vie collective des cités.
Cette réflexion traduit également l’évolution de Bikcity : le collectif ne veut pas seulement être une structure de revendications et de défense face aux difficultés rencontrées avec le bailleur, mais est d’abord un acteur majeur de l’organisation et de l’amélioration du cadre de vie.
Une nouvelle page pour Bikcity
L’une des décisions majeures de cette Assemblée générale est donc sans ambiguïté : Bikcity sera refondu.
Cette refonte devra permettre d’adapter l’organisation aux nouvelles réalités vécues par les habitants et de définir plus clairement ses missions, son fonctionnement et ses responsabilités.
Dans cette perspective, les membres ont décidé de lancer une *enquête d’opinion* destinée à recueillir leurs propositions en vue de préparer les nouveaux statuts et règlements du collectif.
Les différents points de dépôt des contributions et opinions seront communiqués dans les différents forums BIKCITY afin de permettre au plus grand nombre de participer à cette réflexion.
Huit ans après, un nouveau départ
Huit ans après sa création, BIKCITY semble donc avoir choisi de ne pas tourner le dos à son histoire, mais de l’élargir.
La défense des droits des réservataires et acquéreurs reste au cœur de son action. Mais elle doit désormais s’accompagner d’une réflexion plus large sur la qualité de vie, la gestion des espaces communs, les infrastructures, l’environnement et la responsabilité collective.
L’Assemblée générale du 12 septembre 2026 pourrait ainsi apparaître comme un moment fondateur : celui où Bikcity décide de passer d’un collectif principalement mobilisé autour de l’accès au logement à une organisation davantage tournée vers la gestion, la protection et l’amélioration durable du cadre de vie de ses habitants.
Une nouvelle page s’ouvre désormais pour Bikcity.
Yannick-Gildas M-M/MTM






