...« Le CNJG : un organe obsolète ? » Emmanuel Ombana remet la Politique Nationale de la Jeunesse au centre des Enjeux et Perspectives
À la lumière de la Charte Africaine de la Jeunesse, des Agendas 2063 de l’Union Africaine, 2030 des Nations Unies, ainsi que du Plan de Développement du Gabon à l’horizon 2050, l’analyse d’Emmanuel Ombana Acteur Jeunesse et PJEC fait apparaître une situation préoccupante : le Conseil National de la Jeunesse du Gabon (CNJG) apparaît aujourd’hui comme une structure obsolète, en inadéquation avec les aspirations légitimes de la jeunesse gabonaise et les standards internationaux.
I. Sur le plan juridique : une absence de réforme structurelle.
Le Conseil National de la Jeunesse du Gabon (CNJG) n’est régi par aucun texte juridique moderne (ni loi organique, ni décret actualisé).
* Les dispositions statutaires existantes sont caduques, inadaptées au contexte actuel.
• Aucune garantie de démocratie interne, de transparence ou de représentativité dans les procédures de désignation ou de fonctionnement.
Ce vide normatif fragilise sa légitimité en tant qu’organe consultatif et représentatif.
II. Sur le plan politique : un organe sans influence ni ancrage.
Le CNJG n’a joué aucun rôle significatif dans les processus nationaux majeurs :
• Il n’a pas été associé au comité de suivi du Dialogue National Inclusif.
•Les plus de 150 propositions formulées par la jeunesse risquent un oubli, faute d’y avoir un représentant dans lesdits comités pour veiller à ce que les contributions de la Jeunesse soient prises en compte.
•Il n’intervient pas dans l’élaboration des documents stratégiques (Plans de Développement de la Transition, et du Gabon à l’horizon 2050…).
•Le CNJG est perçu comme instrumentalisé politiquement, ce qui nuit à son image, et est en contradiction flagrante avec les articles 10 et 11 de la Charte Africaine de la Jeunesse qui garantit l’indépendance des Conseils de Jeunes.
III. Sur le plan économique : un manque criant d’autonomie et de vision.
•Aucune autonomie financière garantie : malgré une dotation spéciale annoncée de 500 millions FCFA (inscrite dans la loi des finances), la gestion reste opaque.
•Un appel a été lancé à l’Honorable Geoffroy FOUMBOULA LEBIKA, au Ministre sortant de la Jeunesse Dr André Jacques AUGAND, au Directeur Général de la Jeunesse, ainsi qu’au Président illégitime actuel du CNJG pour clarifier l’utilisation de ces fonds publics.
•Absence de stratégie de financement ou de mobilisation de ressources.
•Aucun programme structurant n’a été mis en œuvre, malgré les enjeux majeurs liés à l’emploi, à la citoyenneté, à la paix ou à l’innovation.
IV. Sur le plan social : une légitimité en berne auprès de la jeunesse.
Le CNJG ne reflète pas la diversité territoriale du pays (diaspora, provinces, départements, zones rurales...).
Il est quasiment inexistant dans le tissu associatif et dans les dynamiques portées par les jeunes leaders et organisations de base.
Résultat : perte de confiance généralisée de la part des jeunes qui ne se reconnaissent plus dans cette structure.
V. Conséquences globales : un frein aux engagements nationaux et internationaux.
En l’état, le CNJG constitue un obstacle à la mise en œuvre efficace des engagements du Gabon, notamment :
1. La Charte Africaine de la Jeunesse (articles 10 et 11) qui reconnaît aux CNJ un rôle stratégique dans la gouvernance jeunesse.
2. L’Agenda 2063 de l’Union Africaine, en particulier l’articulation 6 : « Les jeunes africains sont des acteurs sociaux, économiques et politiques du changement ».
3. L’Agenda 2030 des Nations - Unies (ODD 16 & 17 sur la participation, les institutions efficaces et les partenariats).
4. La Politique Nationale de la Jeunesse du Gabon qui prévoit une gouvernance rénovée et participative.
5. Le Plan National de Développement du Gabon à l’horizon 2050 qui requiert une jeunesse formée, impliquée et actrice du changement.
VI. Propositions stratégiques et plaidoyer à l’endroit des plus hautes autorités.
À travers cette intervention, Emmanuel Ombana plaide pour :
Une refondation complète du CNJG, fondée sur des bases juridiques solides, démocratiques, inclusives et conformes aux normes de l’Union-Africaine.
L’actualisation et la mise en œuvre effective de la Politique Nationale de la Jeunesse, document stratégique devant guider et conduire la restructuration du secteur Jeunesse.
•La création d’un Ministère dédié exclusivement à la jeunesse, pour garantir une approche transversale, ambitieuse et centrée sur les besoins réels des jeunes.
•La reconstruction d’une chaîne cohérente de gouvernance jeunesse : du Ministère jusqu’aux associations locales, en passant par le CNJG, le Parlement des Jeunes et les plateformes thématiques.
•L’implication directe des jeunes dans la conception, le suivi et l’évaluation des politiques publiques.
MTM/EOO






