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CRISE POLITIQUE AU GABON/La France encore indexée au Parlement européen

15 septembre 2017 - 08:59   0Reduire Agrandir

Réunis le 14 septembre courant pour statuer une nouvelle fois sur la situation politique au Gabon et surtout sur les événements survenus depuis la proclamation de la victoire d’Ali Bongo Ondimba, des députés de l’Union européenne ont clairement indiqué la responsabilité des autorités françaises dans ce climat gabonais dont la tension ne baisse pas depuis un an

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Nombre d’observateurs estiment que le Gabon n’est pas pour la France un pays comme les autres. Les liens qui unissent les deux Etats placent cette petite nation d’Afrique centrale au cœur de la Françafrique, un grand réseau de corruption. Les dirigeants français qui se succèdent à l’Elysée semblent tous ne pas vouloir prendre la lourde responsabilité de couper le cordon ombilical liant Libreville et Paris. Sous le président François Hollande, Jean-Marc Ayrault, à cette époque ministre français des Affaires étrangères, répondant à la question d’un député sur la présidentielle au Gabon à l’Assemblée nationale à Paris, fixa la position de son pays : « La France n’a pas à choisir à la place des Gabonais…la France est prête à appuyer tout effort internationale bien sûr avec l’UE pour sortir de cette crise politique », avait-t-il répondu. Pourtant, en même temps, il désigna les futures élections législatives au Gabon comme l’opportunité à saisir pour mettre fin au conflit. Une posture invitant implicitement les Gabonais à oublier leur vote du 27 août 2016 et à se focaliser sur autre chose. A ce jour, la tension reste élevée. Une patate chaude laissée entre les mains du jeune Emmanuel Macron, le nouveau président. Plongé dans un mutisme comme son prédécesseur, lui aussi ne semble pas prêt à décevoir les acteurs profitant de la Françafrique. Une situation qui irrite désormais les députés de l’Union européenne.

Le silence complice de la France exaspère l’Union européenne…

Jo Leinen, Chef de la Mission d’Observation de l’Union européenne durant l’élection présidentielle d’août 2016 au Gabon, n’a pas cessé d’interpeller les dirigeants français depuis le début de la crise postélectorale. Durant son temps de parole jeudi, l’Allemand a encore désigné la France, soulignant que les populations attendent toujours une position claire « Les Gabonais sont en train de nous appeler à l’aide. Ils se tournent certes vers les Nations Unies mais surtout vers nous [Union européenne], ils se tournent aussi vers la France », a-t-il dit. Du temps de François Hollande, ils espéraient que le gouvernement socialiste soutienne l’UE pour dénoncer les exactions et le doute émis sur les résultats de la présidentielle.

Issue du Front de Gauche, la Française Marie-Christine Vergiat du Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne semble partager l’avis de son collègue Allemand Jo Leinen : « Le silence voir le soutien implicite de la communauté internationale et en particulier de la France semble donner des ailes à Ali Bongo. C’est pourquoi tout en soutenant la résolution, nous refusons le paragraphe 9 de cette résolution. Les Gabonais savent bien malheureusement qu’ils ne peuvent pas compter sur la France. Et que loin de jouer un rôle constructif, les gouvernements successifs de mon pays protègent, malheureusement de fait, les intérêts financiers du clan au pouvoir ».

Yannick JADOT du Groupe des Verts/Alliance libre européenne, à son tour, a d’abord dressé un tableau sombre sur la situation politique au Gabon, soulignant l’implication de la France, avant de demander à son institution d’agir : « 2009-2016, deux élections truquées, deux élections volées par Ali Bongo et toujours des morts, des centaines de victimes, l’opposition réprimée, persécutée, la société civile et les médias réprimés. Cette violence, cette démocratie bafouée est une corruption politique qui mine et qui gangrène le vivre ensemble et qui gangrène la cohésion de la société et ça n’est pas un hasard évidemment, si cette corruption politique se nourrie d’une corruption économique. Trop de dirigeants politiques et économiques gabonais, européens et français sont, tour à tour dans cette affaire, corrompus et corrupteurs. Si les mots ont un sens dans cette enceinte, dans les traités, dans l’accord de Cotonou, l’Union européenne doit tout faire pour installer la démocratie et elle doit mettre en œuvre des sanctions pour les auteurs des exactions et des crimes… ».

C.B

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