"Où sont passés tous les griots et larbins qui avaient érigé Alpha Condé en génie du Golfe de Guinée ? " JVL

8 septembre 20210
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Le troisième coup d’Etat de l’histoire de la Guinée fait couler beaucoup d’encre et de salive. Connu pour son franc parlé, Jean Valentin Leyama estime que les dirigeants africains au sommet de l’Etat doivent tirer des enseignements de ce qui se passe au pays d’Amed Sékou Touré.

Le coup d’Etat militaire qui a renversé le président guinéen Alpha Condé a suscité moults commentaires, entre indignation et condamnation et le soulagement, l’euphorie, très largement dominants au-delà de ce pays. Sur les réseaux sociaux, les internautes Gabonais se rangeaient très majoritairement dans la deuxième catégorie, ce qui traduit une posture de défiance à l’égard du Pouvoir. Nous n’y reviendrons pas.

En revanche, la chute de Alpha Condé enseigne sur aspects principaux :

1. La facilité et la rapidité. Comment un régime autoritaire qui avait instrumentalisé les forces de défense et de sécurité en faveur de sa protection exclusive a-t-il pu tomber comme un château de cartes ? Où sont donc passés les redoutables services de renseignements ? Focalisés sur la surveillance de l’ennemi intérieur à savoir, l’Opposant, ils n’ont rien vu venir.

Où est passée l’armée, ce corps tribalisé à outrance dont la vocation première est la protection du régime plutôt que la défense du territoire ? Disparu !

Plus grave, où est donc passée la Garde présidentielle ? Dans tous les potentats, on sait que ce corps est le mieux équipé, le mieux armé, le mieux entraîné, le mieux payé en vue de faire contrepoids aux velléités putschistes de l’armée. Elle s’est rendue sans livrer bataille !

2. La trahison des proches. Dans tous les potentats, les corps d’élite sont placés aux mains de parents, des membres de la tribu, de l’ethnie. Alpha Condé n’a pas dérogé à la règle. Après avoir créé une unité de forces spéciales hyper entraînée, il a placé à la tête un de ses parents, s’assurant ainsi la fidélité de ce corps d’élite. Il doit aujourd’hui s’en mordre les doigts !

3. La couardise du parti au pouvoir. Le silence du RPG, le parti présidentiel est consternant. Pas une prise de position, pas de communiqué. Les responsables sont aux abonnés absents. Où sont passés tous les griots et larbins qui avaient érigé Alpha Condé en génie du Golfe de Guinée ? Où sont passés les responsables politiques, les parlementaires, les membres de la Cour Constitutionnelle qui avaient cautionné la révision constitutionnelle et le troisième mandat ? Ils rasent désormais les murs. Alpha Condé est désormais un homme seul.

4. L’état de d’échéance. Descendu de son piédestal, dépouillé de tous les attributs du pouvoir, réduit désormais à sa plus simple expression, le monarque Alpha Condé fait pitié, méconnaissable, le regard hagard. Il a eu plus de chance car bien traité, lui qui a refusé ce traitement à ses opposants, embastillés sans ménagement. Il a eu la vie sauve alors qu’il a réservé la mort à tous ceux qui ont publiquement osé contester sa gouvernance.

Réalités d’ailleurs ?

Jean Valentin LEYAMA

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