COVID-19 et ses mesures : Où allons-nous ? dixit JVL
Depuis un an que vous avez fermé les bars, sans mesures d’accompagnement, pourquoi la courbe des contaminations ne fléchit pas ? Quand vous fermez le moutouki, vous ne savez que des Gabonais aussi en vivent ?
J’ai une pensée pour Mimie, cette jeune gabonaise dont c’est l’unique activité. Ses clients sont les membres des différentes "réunions" des parents d’élèves du PK6. Elle passe d’une "réunion" à une autre, proposer sa marchandise, réussissant à relever la concurrence des ouestafs. Je suis un de ses clients, pour les sous-vêtements, les tenues de maison et de sports.
Comment va-t-elle désormais subvenir à ses besoins et à ceux de sa progéniture ? J’imagine son désarroi depuis l’annonce de votre cynique décision.
Là, il ne s’agit pas de statistiques, ni de chiffres mais d’une réalité humaine, je vous parle d’une personne, d’une gabonaise, comme de milliers d’autres, qui "se débrouille". Elle aurait pu être votre sœur, votre nièce, votre fille.
Quittez de temps en temps vos cabinets, vos bureaux feutrés, déguisez-vous si vous avez peur d’être reconnus, venez vous fondre dans les milieux populaires, vous connaîtrez avec stupéfaction la cruelle réalité des Gabonais. Cette "immersion" permettra indubitablement de mieux orienter les politiques publiques.
Car, à force de vouloir sauver les Gabonais du COVID par des décisions autoritaires, dont on ne mesure préalablement et suffisamment pas, l’impact économique, social et humain, vous contribuez plutôt à accroître la précarité, laquelle est, par elle-même et, surtout, par ses conséquences, une grande cause de mortalité.
Jean Valentin LEYAMA






