Au peuple chrétien de l’Eglise Evangélique du Gabon
Bien-aimés dans le Seigneur, Chers frères et sœurs, Chers serviteurs de Dieu,
À l’aube du mois d’octobre, qui nous rappelle la naissance de l’Église Protestante, que la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous.
Au lendemain du dernier Synode National, je vous invitais à ne considérer ses décisions ni comme une victoire des uns, ni comme une défaite des autres. Je le redis aujourd’hui :
L’Église est plus grande que nos personnes. Sa mission est plus grande que nos ambitions. Et le Christ est plus grand que toutes nos fonctions.
Dans le souci de préserver la paix sociale et de prévenir tout débordement, les pouvoirs publics ont pris, à titre conservatoire, la décision de suspendre pour trois mois le bureau du Conseil National issu du Synode, afin de permettre une reprise du processus dans un climat apaisé.
Cette situation doit nous conduire non à la confrontation, mais au discernement et à la responsabilité.
J’ai entendu certaines interprétations de ma participation au culte d’installation du 10 août dernier, allant jusqu’à laisser entendre que j’aurais reconnu la légitimité d’un homme ou reçu de l’argent pour m’aligner derrière un autre.
Ma présence répondait à ma responsabilité à l’égard de ceux qui m’avaient accordé leur confiance en m’élisant suppléant au Conseil National. Il fallait aussi obtenir la légitimité du Synode, car notre Église est prèsbytérienne synodale. Cette présence ne constituait ni un ralliement personnel, ni une transaction, ni une déclaration d’hostilité envers qui que ce soit.
Mais au-delà de ces explications, l’essentiel demeure : ne permettons pas que nos différences deviennent des fractures.
À Corinthe, certains disaient : « Moi, je suis de Paul », d’autres : « Moi, d’Apollos ». Paul les ramena à l’essentiel. Aujourd’hui encore, je nous exhorte :
Ne soyons ni de Paul ni d’Apollos.
Ne soyons ni du Nord ni du Sud.
Ne soyons ni d’un camp ni de l’autre.
Soyons du Christ.
Notre Église a besoin, plus que jamais, d’apaisement.
À mes frères et sœurs du Corps pastoral, je rappelle que nos fonctions peuvent changer, nos affectations peuvent changer, mais notre vocation demeure. Notre sacerdoce ne nous a pas été confié par les hommes, mais par Dieu.
Nous pouvons être déçus sans devenir amers.
Nous pouvons être en désaccord sans cesser d’aimer.
Nous pouvons perdre une fonction sans perdre notre appel.
Ma vision demeure intacte : une Église plus spirituelle, plus missionnaire, plus fraternelle, plus intègre et davantage engagée au service de la société.
Que cette période nous conduise à davantage de prière, de sagesse et d’humilité. Que la reprise du processus se fasse dans la paix et qu’elle permette à notre Église de sortir de cette épreuve plus forte, plus unie et davantage tournée vers sa mission.
Que Dieu bénisse l’Église Évangélique du Gabon, fortifie ses serviteurs et préserve son unité.
À Dieu seul soit la gloire.
Révérend Pasteur Brice OKOUÉ ONDO






