Gouvernance Publique au Gabon : la transparence ne se décrète pas, elle se pratique
Rémunérations publiques, avantages des dirigeants, indemnités parlementaires et retraites : au-delà des polémiques, l’urgence d’une véritable culture de la transparence. Avec l’honorable Justine Judith Lekogo, députée du 2e arrondissement de Franceville et vice-présidente de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, notre rédaction aborde la question de la Gouvernance Publique au Gabon.
1. Le plafonnement des rémunérations publiques : un problème avant tout systémique
Journaliste : Honorable Justine Judith Lekogo, une récente tribune consacrée au plafonnement des rémunérations des présidents de conseils d’administration (PCA) et des directeurs généraux (DG) a relancé le débat sur la gouvernance publique au Gabon. Vous avez manifesté votre adhésion à plusieurs de ses conclusions. Pourquoi cette question vous paraît-elle si importante ?
Justine Judith Lekogo :
Je partage pleinement le constat selon lequel le problème de la rémunération publique au Gabon ne relève pas uniquement de l’insuffisance des textes. Il tient aussi, et surtout, à la faiblesse des mécanismes de contrôle, au déficit de transparence et à une culture administrative qui peine encore à faire de la redevabilité une exigence permanente.
La récente tribune soulève une question fondamentale pour l’avenir de notre pays : peut-on véritablement parler de bonne gouvernance lorsque les règles existent, mais que leur application demeure insuffisante, inégale ou difficilement vérifiable ?
Cette réflexion mérite toutefois d’être élargie. Elle ne concerne pas uniquement les dirigeants des entreprises publiques. Elle interroge l’ensemble de notre système de rémunération publique, y compris les institutions constitutionnelles, les administrations, les organismes parapublics et les mécanismes de retraite.
Car la transparence ne saurait être sélective. Elle doit s’appliquer à tous, dans les mêmes conditions et selon les mêmes exigences.
Depuis plusieurs décennies, notre pays adopte des textes pour encadrer les rémunérations des responsables publics. Pourtant, l’accumulation des décrets ne suffit pas à garantir une gestion vertueuse des ressources publiques.
Le véritable indicateur de progrès n’est pas le nombre de textes adoptés, mais leur degré d’application, leur effectivité et la capacité des institutions à en contrôler le respect.
Il est donc nécessaire de dépasser une approche exclusivement réglementaire pour construire un véritable système de gouvernance fondé sur la transparence des données, la traçabilité des rémunérations et la responsabilité des gestionnaires.
2. Le Gabon face aux exigences de gouvernance observées dans d’autres pays africains
Journaliste : Comment situez-vous le Gabon par rapport aux autres pays africains en matière de transparence et de gouvernance des rémunérations publiques ?
Justine Judith Lekogo :
À travers le continent africain, la question de la rémunération des responsables publics fait l’objet de réformes visant notamment à rationaliser les dépenses, renforcer la discipline budgétaire et améliorer la redevabilité des institutions.
Les expériences nationales diffèrent, mais elles mettent en évidence une préoccupation commune : la nécessité de mieux encadrer les rémunérations, de clarifier les avantages accessoires et de renforcer les dispositifs de contrôle.
Le Gabon ne peut rester en marge de cette évolution.
Notre pays a adopté, au fil des années, plusieurs textes réglementant les rémunérations des dirigeants publics. Pourtant, l’accumulation des décrets ne suffit pas à garantir une gestion vertueuse des ressources publiques.
Le véritable indicateur de progrès n’est pas le nombre de textes adoptés, mais leur degré d’application, leur effectivité et la capacité des institutions à en contrôler le respect.
Il est donc nécessaire de dépasser une approche exclusivement réglementaire pour construire un véritable système de gouvernance fondé sur la transparence des données, la traçabilité des rémunérations et la responsabilité des gestionnaires.
3. La transparence, un préalable indispensable à la confiance publique
Journaliste : Vous estimez que le Gabon souffre d’un déficit de transparence. Est-ce, selon vous, l’un des principaux obstacles à la bonne gouvernance ?
Justine Judith Lekogo :
Absolument. Le Gabon souffre d’un déficit de transparence qui dépasse largement la seule question des salaires.
Il concerne les statistiques publiques, l’accès aux données administratives, la publication des informations budgétaires, la communication sur les dépenses de l’État et, plus généralement, la capacité des citoyens à comprendre comment les ressources publiques sont mobilisées et utilisées.
Or, sans information fiable, accessible et régulièrement actualisée, le débat public se nourrit de suppositions, de raccourcis et parfois de contrevérités.
La transparence n’est pas une faveur accordée aux citoyens. Elle constitue une exigence fondamentale de la bonne gouvernance.
Elle permet de distinguer les faits des perceptions, de prévenir les amalgames et de renforcer la confiance entre les institutions et la population.
C’est précisément dans ce contexte que doivent être abordées les polémiques récurrentes sur les rémunérations des parlementaires, mais également celles qui concernent les dirigeants des entreprises publiques.
Lorsque les informations officielles ne sont pas suffisamment accessibles, chacun construit sa propre vérité. Et lorsque les institutions ne communiquent pas suffisamment, elles laissent le champ libre aux interprétations.
C’est pourquoi je considère que la transparence doit être placée au cœur de toute politique de réforme de l’État.
4. PCA et Directeurs Généraux : la rémunération doit-elle être à la hauteur de la contribution effective ?
Journaliste : Venons-en à une question qui suscite actuellement des interrogations dans plusieurs entreprises publiques et parapubliques. Certains directeurs généraux estiment que les nouvelles grilles de rémunération ne tiennent pas suffisamment compte de leur expertise, de leurs responsabilités opérationnelles et des exigences de leurs fonctions. Ils s’interrogent notamment sur le fait que la rémunération d’un président de conseil d’administration puisse être supérieure à celle du directeur général. Comment analysez-vous cette situation ?
Justine Judith Lekogo :
Je pense qu’il faut aborder cette question avec beaucoup de discernement, car elle soulève un véritable enjeu de gouvernance et de gestion des ressources humaines dans les entreprises publiques et parapubliques.
Il faut d’abord rappeler que les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général sont différentes, tant dans leur nature que dans leurs responsabilités.
Le PCA assure principalement une mission de gouvernance, d’orientation stratégique et de surveillance, tandis que le directeur général porte la responsabilité de la gestion opérationnelle, de la mise en œuvre de la stratégie et des résultats de l’entreprise.
Ces deux fonctions sont complémentaires et ne devraient pas être mises en concurrence.
Toutefois, il serait réducteur de considérer que la rémunération d’un dirigeant peut être déterminée uniquement par son titre ou son positionnement dans l’organigramme. Elle doit également tenir compte du niveau de responsabilité, de la complexité de la structure, des compétences requises, de l’expérience professionnelle et des résultats attendus.
Dans certains organismes à vocation financière, économique ou stratégique, notamment ceux qui entretiennent des relations avec des partenaires internationaux, les exigences en matière de compétences peuvent être particulièrement élevées.
Le recrutement de profils expérimentés, ayant parfois exercé dans des institutions internationales ou des environnements professionnels très concurrentiels, peut nécessiter une réflexion spécifique sur les conditions de rémunération.
Il faut néanmoins être précis : l’existence de standards internationaux ne signifie pas automatiquement qu’une entreprise publique gabonaise doit reproduire les niveaux de rémunération pratiqués à l’étranger. Ces références doivent être analysées en tenant compte du statut juridique de l’organisme, de ses ressources, de ses engagements financiers et des contraintes budgétaires de notre pays.
Mais il y a une autre réalité que nous devons également regarder en face.
Au Gabon, les postes de présidents de conseils d’administration sont parfois attribués à d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux ou à de hauts fonctionnaires ayant déjà fait valoir leurs droits à la retraite.
Ces nominations ne sont pas problématiques en elles-mêmes, dès lors qu’elles reposent sur l’expérience, la compétence et la capacité à apporter une réelle valeur ajoutée à l’institution.
En revanche, elles deviennent discutables lorsque la fonction de PCA est perçue comme une simple position de reconversion ou de maintien dans un circuit de rémunération publique, sans que la contribution effective du titulaire soit suffisamment évaluée.
Dans certaines structures, les conseils d’administration ne se réunissent que quelques fois par an, conformément à leur calendrier de fonctionnement. Pendant ce temps, les directeurs généraux et leurs équipes assurent la gestion quotidienne, conduisent les réformes, négocient avec les partenaires, exécutent les décisions, gèrent les contraintes financières et portent la responsabilité opérationnelle des résultats.
Il faut reconnaître cette réalité.
Prenons l’exemple des organismes à forte technicité, notamment ceux qui interviennent dans le financement, l’investissement ou la restructuration économique. Le directeur général peut être appelé à mobiliser une expertise pointue, à travailler sous pression, à répondre à des exigences de performance et à engager la responsabilité de l’entreprise dans des décisions qui ont des conséquences économiques considérables.
Dès lors, il est légitime de s’interroger sur la cohérence d’un système dans lequel la rémunération du président du conseil d’administration peut être supérieure à celle du dirigeant qui assume quotidiennement la conduite de l’entreprise.
Je ne dis pas qu’un PCA ne mérite pas une rémunération à la hauteur de ses responsabilités. Je dis simplement que cette rémunération doit être appréciée à l’aune de la mission réellement exercée, du niveau d’engagement attendu et de la contribution apportée à la performance de l’organisme.
La rémunération publique ne devrait pas être déterminée par le prestige d’une fonction ou par le parcours antérieur de son titulaire, mais par la responsabilité exercée, l’expertise mobilisée et la valeur ajoutée apportée à l’institution.
C’est pourquoi je considère qu’une réforme de la rémunération des dirigeants doit nécessairement s’accompagner d’une réflexion sur les critères de nomination et d’évaluation des présidents de conseils d’administration.
Il faudrait notamment renforcer les obligations de présence, de suivi des décisions, de reddition des comptes et d’évaluation de la contribution des PCA. Le conseil d’administration ne doit pas être une simple formalité administrative, mais un véritable organe de gouvernance et de contrôle.
De la même manière, les directeurs généraux doivent être évalués sur la base d’objectifs précis, de résultats mesurables et de leur capacité à conduire les transformations attendues.
Il ne s’agit donc pas d’opposer les PCA aux directeurs généraux, mais de rétablir une cohérence entre les responsabilités, les exigences des fonctions et les rémunérations accordées.
Enfin, je pense que nous devons sortir d’une certaine conception de la nomination publique qui consiste à considérer les entreprises de l’État comme des espaces de reclassement ou de récompense pour des personnalités ayant déjà occupé des fonctions importantes.
Une entreprise publique n’est ni un garage pour responsables en fin de carrière, ni un instrument de distribution de prébendes. Elle est un outil économique au service de la Nation, qui doit être dirigé et contrôlé dans l’intérêt général.
Si nous voulons redresser nos entreprises publiques, nous devons commencer par valoriser le travail, reconnaître les compétences et faire en sorte que chaque responsabilité soit effectivement assumée. C’est aussi cela, la bonne gouvernance.
5. Le parlementaire gabonais : entre perception populaire et réalité des rémunérations
Journaliste : Vous évoquez la nécessité de distinguer les responsabilités et les rémunérations. Pourtant, le député gabonais est lui-même régulièrement présenté dans l’opinion publique comme un privilégié. Comment expliquez-vous cette perception ?
Justine Judith Lekogo :
Oui, et je pense qu’il est important de poser le débat avec sérénité et objectivité.
Aujourd’hui, le député gabonais est régulièrement exposé à la vindicte populaire, souvent présenté comme un privilégié bénéficiant de rémunérations exorbitantes.
Mais que sait réellement le citoyen de la structure de sa rémunération ? Quelle distinction fait-il entre le traitement, les frais liés à l’exercice du mandat et les charges inhérentes à la représentation nationale ?
Lorsque les informations officielles ne sont pas suffisamment accessibles, la confusion s’installe et les perceptions finissent par tenir lieu de vérité.
Il convient donc de rappeler, sur la base des éléments de rémunération communiqués, que le traitement mensuel d’un député gabonais demeure inférieur à deux millions de francs CFA. Les frais liés à l’exercice du mandat, quant à eux, ne peuvent être assimilés à un revenu personnel sans distinction préalable de leur nature et de leur destination.
Un parlementaire n’exerce pas son mandat dans un environnement ordinaire. Il est quotidiennement sollicité par les populations, particulièrement dans nos réalités africaines où la précarité sociale demeure une préoccupation majeure.
Il n’est pas rare qu’un élu reçoive, dès les premières heures de la journée, des sollicitations relatives à l’achat de médicaments, au paiement d’ordonnances, à l’acquisition de bouteilles de gaz ou à la prise en charge de besoins essentiels.
Ces sollicitations ne doivent pas être considérées comme des obligations individuelles du parlementaire. Elles révèlent plutôt les limites d’un système de protection sociale et de solidarité publique qui laisse encore de nombreux citoyens dans une situation de dépendance à l’égard des élus et des personnes disposant de ressources.
Il faut avoir le courage de poser la véritable question : pourquoi, dans un État qui aspire au développement, la satisfaction de certains besoins fondamentaux repose-t-elle encore autant sur la générosité individuelle des responsables publics ?
La réponse ne se trouve pas dans la stigmatisation des élus, mais dans la construction de politiques publiques capables de garantir aux citoyens un accès effectif aux services essentiels.
6. Retraite parlementaire : ne pas confondre réforme et suppression des droits
Journaliste : Le débat sur la retraite parlementaire est particulièrement sensible. Certains réclament sa suppression, tandis que d’autres évoquent les droits acquis et les cotisations versées. Quelle est votre position sur cette question ?
Justine Judith Lekogo :
La question de la soutenabilité des régimes de retraite, de leur financement et de leur équité est légitime. Aucun dispositif ne devrait échapper à l’évaluation, à la transparence et, lorsque cela est nécessaire, à la réforme.
Toutefois, une réforme juste suppose que l’on distingue les droits acquis, les cotisations effectivement versées, les conditions d’ouverture des droits et les mécanismes de financement.
Selon les éléments avancés dans le débat actuel, la pension parlementaire évoquée se situerait autour de 950 000 francs CFA par mois, voire davantage selon les situations et les modalités de liquidation. Il importe que les données officielles permettent de préciser le montant réel, les conditions d’éligibilité et les modalités de calcul de cette pension.
Il faut également rappeler que les parlementaires ne commencent pas nécessairement leur parcours professionnel au moment de leur entrée à l’Assemblée nationale.
Nombre d’entre eux ont exercé auparavant dans l’administration publique, le secteur privé ou d’autres institutions, et ont pu y constituer des droits à la retraite au titre de leurs cotisations antérieures.
Pendant leur mandat, ils contribuent également au régime de pension applicable, avec une retenue de 10 % sur leur rémunération prévue par la loi n° 002/2008 du 8 mai 2008 fixant le régime particulier des pensions de retraite des membres du Gouvernement, des députés et des sénateurs.
Dès lors, la question ne peut être réduite à une opposition entre le maintien et la suppression d’un avantage.
Elle doit porter sur la cohérence du système, la reconnaissance des cotisations versées, les règles de non-cumul et la protection des droits légalement constitués.
Réformer un régime de retraite ne signifie pas nécessairement supprimer des droits. Réformer, c’est d’abord comprendre, évaluer, corriger et garantir l’équité.
Une réforme durable doit reposer sur des données précises, une étude actuarielle, une analyse des engagements financiers et une concertation institutionnelle, plutôt que sur la seule pression de l’opinion publique.
7. La bonne gouvernance ne se résume pas à l’accumulation des textes
Journaliste : Vous insistez beaucoup sur l’application des textes. Est-ce à dire que l’adoption de nouvelles lois ou de nouveaux décrets ne constitue pas, à elle seule, une réponse aux problèmes de gouvernance ?
Justine Judith Lekogo :
Il existe une différence fondamentale entre adopter une loi et la faire appliquer.
L’adoption d’un décret plafonnant les rémunérations ne garantit pas, à elle seule, que les plafonds seront respectés. L’interdiction du cumul ne suffit pas si les mécanismes de vérification sont défaillants. La création d’un organe de contrôle ne produit aucun effet si ses conclusions ne donnent lieu à aucune suite.
C’est ici que se situe le véritable enjeu de la gouvernance publique gabonaise.
La compétence d’une administration ne se mesure pas uniquement à sa capacité à élaborer des textes, mais également à sa faculté de les mettre en œuvre, d’en mesurer les effets et d’en corriger les insuffisances.
Il ne suffit pas de multiplier les réformes pour donner l’impression d’agir. Encore faut-il s’assurer que celles-ci produisent les résultats attendus.
La transparence des rémunérations, la publication des données budgétaires, le contrôle effectif des avantages accordés aux dirigeants et l’évaluation régulière des dispositifs de retraite devraient ainsi constituer des exigences communes à l’ensemble des institutions publiques.
8. Pour une transparence intégrale et une responsabilité partagée
Journaliste : Quelles mesures concrètes recommanderiez-vous aux autorités pour sortir de cette situation et restaurer la confiance des citoyens ?
Justine Judith Lekogo :
Si le Gabon entend consolider sa gouvernance et restaurer durablement la confiance des citoyens, plusieurs exigences méritent une attention particulière.
Premièrement, la publication des données : rendre accessibles les rémunérations, les avantages en nature et les indemnités des responsables publics, dans le respect des dispositions légales applicables.
Deuxièmement, la clarification des règles : distinguer précisément les salaires, les indemnités de fonction, les frais professionnels, les cotisations sociales et les pensions.
Troisièmement, le renforcement des contrôles : assurer un suivi régulier de l’application des textes, sans attendre plusieurs années pour constater les irrégularités.
Quatrièmement, l’effectivité des sanctions : garantir que les manquements établis donnent lieu à des mesures proportionnées, conformément aux procédures et aux garanties prévues par la loi.
Cinquièmement, l’évaluation des réformes : mesurer les économies effectivement réalisées, les effets sur les finances publiques et les conséquences sur les droits des bénéficiaires.
Enfin, la responsabilisation des institutions : faire de la redevabilité une pratique permanente, et non une exigence ponctuelle mobilisée au gré des controverses.
Ces mesures ne doivent pas être perçues comme une défense de privilèges, mais comme les conditions d’un débat public mieux informé et d’une administration plus responsable.
9. Conclusion : la transparence comme fondement de la République
Journaliste : Un dernier mot, Honorable, à l’endroit des populations et des autorités qui vous écoutent ?
Justine Judith Lekogo :
Le Gabon n’a pas seulement besoin de nouveaux textes. Il a besoin d’une véritable culture de la transparence et de l’application rigoureuse des règles existantes.
Une République ne peut durablement se construire sur des perceptions, des approximations ou des procès d’intention. Elle doit s’appuyer sur des faits vérifiables, des institutions responsables et des citoyens suffisamment informés pour exercer leur droit de regard.
La question des rémunérations des PCA et des DG, celle des indemnités parlementaires ou encore celle des retraites ne doivent pas être instrumentalisées les unes contre les autres. Elles doivent être examinées à la lumière des mêmes principes : légalité, équité, transparence, soutenabilité financière et responsabilité.
En ma qualité de parlementaire, je considère que notre devoir est précisément de contribuer à cette clarification, de sensibiliser nos concitoyens et d’interpeller les pouvoirs publics sur les insuffisances qui entravent la bonne gouvernance.
Car la bonne gouvernance ne se proclame pas. Elle se démontre par les actes, se vérifie dans les chiffres et se mesure à la capacité de l’État à appliquer, sans distinction, les règles qu’il édicte.
La transparence n’est pas une menace pour les institutions. Elle est l’une des conditions essentielles de leur crédibilité.
Propos de l’honorable Justine Judith LEKOGO
Députée du 2e arrondissement de Franceville
Vice-présidente de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale






